[review] Dakhma - Passageways to Daena (Re​-​Issue 2016)




Dakhma - Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity)



Re​-​Issue 2016 Godz ov War Productions


Un album qui est pour tous et qui n'est pour personne


J’ai volontairement rajouté les mots Un album qui est pour tous et qui n'est pour personne qui sont tiré du livre de Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra : un livre qui est pour tous et qui n'est pour personne, puisque on pourrait résumer ainsi cette réédition de l’album de Dakhma. Commençons par le début.

Dakhma est une one-man-band suisse de blackned death metal fondée en 2014 par Kerberos. Dakhma est un mot persan ou mieux de l’Avesta que l’on peut traduire par « Tour du Silence ». Cette tour était une plateforme circulaire en pierre haute d'environs 9 mètres et sur laquelle les perses de l’Inde laissaient les morts se faire dévorer par les vautours. Dakhma baigne dans le zoroastrisme, une religion ancienne fleurie en Perse au 5ème siècle avant Jésus-Christ.

Le premier album se nomme Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) et est sorti en 2015 en digitale et en format physique auto-produit et actuellement épuisé. Ensuite encore en 2015 Dakhma a sorti avec le groupe Ungfell le split Of Hermits and Gallows (The Synthesis of Illuminating Ascension and the Madness of a Primitive Mind) qui contient le titre Ascension IV (Angra Mainyu). Toujours en 2015 le combo a publié l’Ep Astiwihad-Zohr via Iron Bonehead Productions.

En 2016 le premier album Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) est sorti en reedition via le label Godz ov War Productions. Cette version révèle plusieurs avantages : d’abord rempli le vide créé par l’épuisement de la première édition de l’album, ensuite cette version se présente comme digipack avec nouvel artwork et layout et de plus elle contient deux titres bonus vraiment intéressants : le premier est une cover du titre Call from the Grave qui se trouve sur l’album Under the Sign of the Black Mark de Bathory et le deuxième titre est l’inédit Rite of Daebaaman (The Spiritual Invocation of Akem Manah).

Conceptuellement Dakhma par le biais d’invocations rituelles exprime ses louanges à tous les Daeva (qui sont les démons dans la mythologie perse). Avec ces invocations, le souhait de Dakhma est que les Daeva puissent corrompre et souiller l’âme de l’homme. Dans cette optique cette musique est celle de la destruction et de la mort. Dakhma est affilié à l’ H.U.C. c’est à dire l’Helvetic Underground Committee

Musicalement c’est un album complexe dans lequel il faut s’immerger. L’album est obscur, sombre lancinant. Barashnûm (Defiled By Dead Flesh) et Where Shattered Minds Collide (The Immortal March) c’est à dire les deux premiers titres évoluent dans le black metal le plus pur. On remarquera quand même un accordage très bas et une atmosphère oppressante. Il suit ensuite une trilogie de l’ « ascension » formée par Ascension (Flesh and Bone) / Ascension II (The Light Eternal) / Chinvat (Ascension III - Agony). Ascension (Flesh and Bone) est encore ancrée dans le black metal. Ascension II (The Light Eternal) présente un caractère doom avec des inserts atmosphériques qui font penser au Moyen Orient et des inserts plus ambiants. Chinvat (Ascension III – Agony) est encore plus ambiant.

Ensuite les deux titres Consuming The Nasu (Of Shredded Impurity) et Of Charred Flesh (Blessed By Illuminating Fire) font repartir la machine à vive allure. The Silent Tower (Gather Ye of Life) est un pavé de dix minutes qui terminait la première version de l’album d’une façon épique avec sont côté malsain de black metal extrême. Mais le groupe va plus loin avec cette réédition puisque on trouve la cover de Bathory Call from the Grave plutôt réussie et surtout le final de Rite of Daebaaman (The Spiritual Invocation of Akem Manah) qui est encore une pièce de 10 minutes. Akem Manah est le démon persan des mauvaises intentions et il est présenté avec des crocs, des cornes, une queue et doté de grands pouvoirs. Daebaaman est encore un mot de l’Avesta qui signifie ‘trompeur’. Ce titre est une sorte d’invocation avec un côté liturgique très prononcé et un côté aussi rituel très affirmé. Le tout dans la noirceur la plus totale.

Dakhma avec cette réédition de Passageways to Daena présente donc plusieurs aspects positifs : d’abord l’originalité du concept c'est-à-dire adapter des figures d’une ancienne religion. Ensuite unir le black metal à des sonorités plus graves encore et à caractère liturgique. Ceci donne une côté répétitif à certains riffs et évolue en plusieurs moments ambiants voire "bruitistes". C’est un album dense, sombre, rituel, extrême donc difficile d’accès. Mais une fois rentré, cette noirceur vous prend aux tripes.

Score 9,5/10


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Dakhma - Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) - 2016, CD, Godz ov War Productions (Digipak 6 panels)


Dakhma - Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) - 2016, CD, Godz ov War Productions (Digipak 6 panels)


Dakhma - Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) - 2016, CD, Godz ov War Productions (Digipak 6 panels)


Dakhma - Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) - 2016, CD, Godz ov War Productions (Digipak 6 panels)


Dakhma - Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) - 2016, CD, Godz ov War Productions (Digipak 6 panels)


Dakhma - Passageways to Daena (The Concomitant Blessings of Putrescing Impurity) - 2016, CD, Godz ov War Productions (Digipak 6 panels)









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