[review] 1000Dead – A Thousand Dead (2017) / Metal Scrap records



 1000Dead – A Thousand Dead (2017)

Metal Scrap Records



1000Dead est un groupe fondé en 2013 et originaire de l’île de La Crète (Κρήτη) en Grèce (Ἑλλάς). Le groupe se compose de Νίκο Μαρινάκη (Nikos Marinakis, guitar / voix), Αλέκο Μουρατίδη (Alekos Mouratidis, drums) et Πέτρο Λελεδάκη (Petros Leledakis, bass / vocals). En 2014 1000Dead a sorti une démo et en 2016 il a sorti son premier album homonyme en format digital en 2016. Grâce à cette sortie, 1000Dead a déniché le label Metal Scrap Records qui sort en 2017 l’album 1000Dead en format physique. Et c’est très bien.

1000Dead fait du metal moderne et inspiré et pour certains aspects on peut y voir des analogies avec System Of A Down et S.O.D. - Stormtroopers of Death. Je me souviens quand j’ai écouté le premier album de System Of A Down à sa sortie. J’en ai été impressionné. La même chose m’est arrivée pour 1000Dead.

Lying Through Teeth démarre l’album de façon brutale et en plein mode hardcore. Rythmique endiablée et voix écorchée le tout pour 2:44 d’explosion sonore. Unveil Hatred est riche de changements de tempi et on commence à voir très bien le talent à la guitare de Nikos Marinakis. En effet il enchaîne avec aisance riffs barrés et alterne avec aisance guitare rythmique et soliste. Le titre se caractérise pour un break en mid tempo avec un côté plus atmosphérique avec une très joli guitare rythmique et un écho du break (Opposition / Contradiction / Premonition / Compromise) du titre Blackned de Metallica. 

Post-war Blues est un titre plus réfléchi avec un sound « southern metal » que l’on voit bien dans Pantera par exemple. Il y a un côté jazzy dans le riffing qui se veut déstructuré et torturé. Il y a des accélérations fatales et une guitare qui « siffle » à la manière de Rage Against de Machine.
Bring A Knife To A Gunfight est un titre magnifique. D’abord par l’image du titre (apporte un couteau à la fusillade) et parce que le côté « System Of A Down » fait son irruption avec ce riffing déstructuré et des changements de tempo et d’atmosphère continus. Le dernier couplet est chanté en voix claire (très jolie d’ailleurs) et c’est puissant et complètement inattendu. Ensuite le titre se termine avec une guitare acoustique. Bring A Knife To A Gunfight est le titre qui résume à lui tout seul l’album.
Noise / Pain est un coup de poing en pleine figure, un titre pur jus qui mélange metal et hardcore et avec encore une touche minime en voix claire. Comme une subtile ponctuation. 

This Day We Fight est une déclaration de guerre avec une intro qui rappelle le Megadeth de Dread and the Fugitive Mind. Il y a un côté « sludge » appuyé sur ce titre qui encore une fois est imprévisible. Cette fois la voix est encore différente et par moments ‘hypnotique’ ou ‘sous acide’, choisissez l’expression qui vous convient.
Unplug Me présente un côté décontracté et plus calme ce qui met en valeur la basse du groupe et surtout l’aspect plus mélodique du groupe.


The Oppressor Syndrome s’ouvre avec les mots: "You're out of order, this whole place is out of order" prononcés par Al Pacino dans le film And Justice for All. C’est un titre sur la justice mais surtout sur les revers de la vie où comment on peut passer du statut de victime à celui de bourreau. Il s’agit surtout de l’invitation à ne jamais lâcher parce que les revers de la vie sont nombreux mais on peut toujours aller de l’avant, won’t back down

Stonework reprend ce côté ‘southern metal’ avec des chordes de la guitare qui sifflent, le tout axé sur un tempo thrash. Encore un titre 'in your face' même s’il est varié par moments. Le thème ‘southern metal / southern rock’ prend de l’ampleur à la fin du morceau comme une sorte de « coda » d’un titre de musique classique.
Cross Section et ses 29 secondes sont une déferlante à la My America de Nuclear Assault. Un gros moment de folie. Dignity… A Dying Word possède une matrice death metal croisé à une attitude punk. Il s’agit d’un monstre hybride qui tient la route et qui clôt de façon explosive un album déjà pas mal.

Il faut souligner que le trio se donne à fond, chacun dans son domaine. La guitare de Νίκο Μαρινάκη (Nikos Marinakis) tisse des riffs incroyables (techniques et directs à la fois) et aussi de solos bien senti. Sa voix aussi qui est scream sur l’album connaît de moments de variation (voix claire, voix désincarnée) qui montre un talent considérable. La basse de Πέτρο Λελεδάκη (Petros Leledakis) suit évidement la rythmique mais elle sait se tailler une part importante dans chaque compositions avec des touches personnelles. La batterie de Αλέκο Μουρατίδη (Alekos Mouratidis) est toujours précise, solide et rapide et lui aussi montre plusieurs facettes puisque il sait faire évaluer son jeu dans les morceaux plus rapides et ceux plus jazzy.

from left to right : Marinakis Nikos, Petros Leledakis et Alekos Samatakos.

Il faut souligner le très bon travail de production où tous les instruments sont mis en valeur et on se croirait sur scène à l’écoute du cd. De plus quand la guitare change de rythmique à soliste il n’y a pas de perte de mur sonore et ceci c’est assez rare pour être salué. (En d’autres termes si vous jouez de façon rythmique la guitare vous trouverez à l’écoute un rendu sonore très homogène et quand vous passez en phase de solo ce mur disparaît. Il y a un écart de puissance. Cet écart on ne l’entend pas sur cet album). Il faut souligner aussi le bon travail d’artwork et de layout réalisé par Νίκος “VisionBlack” Σταυριδάκης.

1000Dead avec son premier album 1000Dead fait un carton plein. Il réalise un album très originale, très bien écrit, très bien joué, très bien produit. Donc vous n’avez plus qu’à l’écouter et à l’acheter !

Score 10/10





Nota Debut S/T album release dates:
Italy: 09.03.2017
Japan: 10.03.2017
UK/Europe: 17.03.2017
North & South America: 24.03.2017

band : https://www.facebook.com/1000Dead/
Metal Scrap Records : https://metalscraprecords.bandcamp.com/


1000Dead – A Thousand Dead (2017) / Metal Scrap records / artwork et layout by Νίκος “VisionBlack” Σταυριδάκης

1000Dead – A Thousand Dead (2017) / booklet

1000Dead – A Thousand Dead (2017) / booklet

1000Dead – A Thousand Dead (2017) / booklet / cd / traycard

1000Dead – A Thousand Dead (2017) / booklet / cd / traycard











[review] Arkana Code – Brutal Conflict (2017) / Metal Scrap Records



Arkana Code – Brutal Conflict (2017)

Metal Scrap Records



Arkana Code est un groupe de death metal italien qui a sorti une première démo nommée Galleries of Absurde en 2010 et qui a subi un profond changement de line-up à partir de 2014. Tous les membres ont changé et le seul rescapé du début est le guitariste Paolo Ponzi. Partant donc sur ces nouvelles bases le groupe nous présente aujourd’hui son premier album Brutal Conflict sorti via le label Metal Scrap Records.


La formation est composée par Paolo Ponzi (Guitars), David Folchitto (Drums), Francesco Torresi  (Vocals), Giusy Bettei (Bass), Luca Natarella (Guitars). On remarquera que tous (sauf Luca Natarella) évoluent aussi dans d’autres formations très underground et qu’à la basse il y a une fille (enfin des femmes dans le metal).


Après une intro « atmosphérique » on commence très fort avec Violent Human Corruption : du death metal gras qui tâche. Guitares acérées, voix grunt bien graisse, une basse qui soutient le tout de très belle manière et un super drumming de David Folchitto. David Folchitto est bien connu dans le milieu extrême puisque c’est le batteur de plusieurs groupes dont il faut citer Stormlord, Tular, Kaledon et aussi Novembre (sur l’excellent URSA).

Si le death metal s’attaque depuis ses origines surtout à la déchéance du monde, à ses excès et aberrations, Arkana Code fait la même chose mais en ratissant plus large. Aux niveaux des textes on peut dire que le groupe s’attaque au mal que les hommes font aux monde (Violent Human Corruption), aux délires du mondes psychique / psychologique (les autres textes) et au monde « invisible » et « autre » comme dans Astral Illusion. Donc l’album Brutal Conflict exprime un conflit brutal qui va chercher dans l’extérieur et à l’intérieure de chaque homme. Il faut saluer cet effort du songwriting qui n’est pas banal et qui va souvent dans le deuxième degré tellement on peut interpréter les lyrics.

Musicalement on peut penser à des groupes comme Death (première période), Cannibal Corpse, Napalm Death. Que du bon donc. Il y a une composante technique pas négligeable qui se montre par des riffs intriqués, des changements de temps fréquents, et une recherche pour avoir des arrangements pas linéaires, qui ne privilégient pas le côté direct. Il y a aussi des passages plus « mélodiques » mais il ne faut penser à des moments mélodiques, non, il s’agit plutôt de touches, de parenthèses qui permettent de « souffler » pendant une demi-seconde avant de plonger tête baissée dans l’Armageddon sonore.

On ne va pas faire de track-by-track, chose qui va se relever rébarbative. Par contre je veux bien signaler des titres qui sont très (très) bon. D’abord Dismember the Control qui résume à la perfection tout ce que l’on vient de dire (de la complexité des riffs, des touches mélodiques, du grunt caverneux, changements de tempi, très bonne prestation du groupe). On remarquera aussi des soli bien sentis, incisifs et percutants et posés à plusieurs moments du titre. L’autre titre est Psychiatric Kingdom dont le groupe en a fait une vidéo. La vidéo a été tournée dans l’ancien hôpital psychiatrique de la ville de L’Aquila (Italie) où tout l’attirail médical a été oublié, une fois l’hôpital fermé. Le protagoniste essai de s’enfuir et il est poursuivi par un médecin. Il s’agit d’une métaphore, celle de l’homme (esclave de la société moderne) qui essaie de fuir les pouvoirs qui contrôlent la masse. Deuxièmement il s’agit d’une critique en creux d’une société qui fuit le divers (le fou) et l’emprisonne dans des structures qui sont des prisons. En effet les fous, qui étaient relégués et confinés dans des hôpitaux dédiés, étaient privés de toute dignité. On ne les soignait pas, on les mettait à l’écart comme si le fait de ne pas les voir suffisait à résoudre « le problème ». Voici le double message qu’Arkana Code essaie de faire passer dans sa vidéo. 
Et encore Astral Illusion est  un très bon titre où on voit bien l’étendue de la voix de Francesco Torresi  qui passe souvent du grunt au scream avec aisance. Morceau technique un peu en mid-tempo par rapport aux autres et avec des échos « musicaux » à la Morbid Angel de Covenant.

Pour terminer on peut dire qu’Arkana Code avec Brutal Conflict signe un premier album réussi et abouti. Les textes sont bien écrits et passionnants, la prestation du groupe est solide. Il est vrai que le groupe ne révolutionne pas le genre du death metal mais il sort un très bon album qui tient la distance et qui s’avère riche, cohérent et solide. Une écouté est plus que conseillé et pourquoi pas, un achat aussi !

Score 9/10



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Arkana Code – Brutal Conflict (2017) / logo by Keith Black / graphics and artwork by Mattia Cingolani

Arkana Code – Brutal Conflict (2017) / booklet

Arkana Code – Brutal Conflict (2017) / tray card et booklet

Arkana Code – Brutal Conflict (2017) / tray card et booklet

Arkana Code – Brutal Conflict (2017) / cd et tray card

Arkana Code – Brutal Conflict (2017) / cd, booklet, tray card