[review] Manzer - Light of the Wreckers (2013)




Manzer - Light of the Wreckers (2013)



Armée de la Mort Records



Après sa création en 2008 et après nombreux live, split et Ep, Manzer propose en ce 2013 son premier full-lenght nommé Light of the Wreckers. Pour un récapitulatif relatif à ses premiers années et sorties je vous renvoie à cette chronique : http://metallifer.blogspot.fr/2017/06/review-manzer-pictavian-chronicles_3.html

Manzer est formé par Fëarann - Bass, Vocals (backing), Shaxul - Drums, Vocals et Romain – Guitars. Tout le monde a participé à l’écriture des musiques (Fëarann pistes 1/2/7, Shaxul pistes 4/5/9, Romain pistes 3/8), les trois ont écrit la musique du titre instrumental Pictavia, et Shaxul s’est occupé de tous les textes et du titre Manzer. L’artwork a été réalisé par Sickness 666 et les photos par Nath.

WAGHENAER, Lucas Jansz. The sea coastes of the landes of Poyctou and Bordeaux, Amsterdam, 1588 - 1605

Il ne s’agit pas d’un concept album mais l’artwork et le layout du cd tournent autour du titre – qui donne aussi le nom à l’album - Light of the Wreckers c'est-à-dire la Lumière des Naufrageurs. Ebalus, l’âne mascotte du groupe, trône sur la pochette habillé en pirate avec une lanterne dans une main et des têtes coupées dans l’autre. A ses pieds gisent des cadavres, un coffre au trésor et au loin un bateau s’échoue. Le livret va dans le même sens avec une carte ancienne des côtes du Poitou. On trouve aussi les textes et des photos du groupe. Voici la Lumière des Naufrageurs : un naufrageur est une personne qui provoque le naufrage ou l'échouage d'un bateau pour le piller, en l'attirant sur une côte dangereuse par de faux signaux. Le long des côtes les plus dangereuses ces naufrageurs utilisaient plusieurs moyens pour faire échouer un navire comme éteindre les vrais phares, allumer des feux, mettre une lanterne au coup d’un animal (comme un bœuf), ou encore attacher une cloche au cou d’un animal – comme une jument – et les navires interprétaient le son de cette cloche pour le son de cloche d’une bouée. Une fois le navire échoué, celui-ci se faisait piller. 


voici une source d'inspiration
Musicalement Manzer fait de la très bonne musique. Écoutez par exemple Le Boufe-Churai c’est du heavy metal à l’état pur. Le Boufe-Churai est un titre chanté en « Parlanjhe » c'est-à-dire en poitevin-saintongeais qui est la langue régionale parlée dans le centre-ouest de la France. Manzer a l’habitude de chanter un morceau par album en Parlanjhe.

Si on veut nuancer on pourrait dire que Manzer joue du black metal old school avec un œil sur les mélodies à la Maiden. Les thèmes sont Satan, la rébellion, l’alcool, le Poitou et les échos sont Motörhead, Venom, Mercyful Fate, Iron Maiden, Bulldozer, Sabbat, Abigail. C’est du black metal puissant, raw, mais avec toujours un sens aigu pour le bon riff et la mélodie, celle-ci explose surtout pendant les refrains et les solos de guitare. Bref un groupe intègre, underground, fier de ses racines.

Pour terminer il faut encore noter la présence du titre Manzer qui célèbre le groupe avec un parallélisme entre le compte Ebalus Manzer, compte de Poitiers et fils illégitime donc bâtard, et Manzer; c'est pour cette raison que les membres du groupe qui s’inspirent de ce compte, se définissent eux-mêmes comme Pictavian bastards et Manzer - Counts of Pictavia, Manzer - Mighty lords of war.

On remarquera aussi le très beau titre instrumental Pictavia qui met en valeur spécialement les harmonies de guitare, les lignes de basse et de batterie et qui se clôt par un écho du titre Transylvania de Maiden. Un album à se procurer.








Manzer - Light of the Wreckers (2013)
1.           The Death Lantern        
2.           Terroir Squad  
3.           Hell's Most Wanted      
4.           Underage Witch            
5.           Light of the Wreckers   
6.           Pictavia (instrumental)
7.           Le Boufe-Churai            
8.           Primeval Instincts          
9.           Manzer

[review] [telegraph] Arafel - For Battles Once Fought (2011)





Arafel (Isr) - For Battles Once Fought 

Noise Art Records




Arafel (nom qui signifie « brouillard » en hébreu) est un groupe de black / folk israélien qui avec ce full-length For Battles Once Fought affiche trois albums au compteur en treize ans d’activité. En effet Arafel avait démarré à vive allure en 2003 avec The way of defender et en 2005 avec Second Strike: Through the Flames of the Ages. Ces albums ont permis au combo de se constituer un groupe de fidèles mais depuis Arafel somnolait sur son statut de groupe underground. Puisque seulement Leshii (batterie) et Felius (guitare) sont restés dans l’aventure depuis le début, il est légitime de se poser la question suivante : « est-ce que ce For Battles Once Fought avec l’arrivé de Helge Stang (ex Equilibrium) à la voie, Roman (Deface) à la basse et Nasha (Anora Dimentia) au violon permettra à Arafel de se révéler et de jouer dans la cours de grands ?

Dès que l’on met la galette dans le lecteur on a droit pendant une minute et demie à une intro atypique : bruits de combats d’épées, bruits de sabots de chevaux qui galopent, cris et hurlements de douleur et surtout surtout surtout le bruit des entrailles des gens étripées qui tombent par terre. Tout cet aspect de guerre monte jusqu’à la musique qui démarre fort, très fort : on est sur ses rotules, écrasés par une déferlante, un mur sonore qui se déverse sur nous. Et ce sera ainsi jusqu’à la fin de l’écoute. Enorme. Petit bémol la clôture de ce titre Sword's Hymn avec une atmosphère de calme après la bataille est un peu téléphonée.

On est loin des groupes « viking metal » tels qu’Amon Amarth, Seawolves ou Heathen Foray : pour eux mélodie et puissance se marient tout au long de leurs compositions. Ou encore on est loin de la brutalité mitigée par des orchestrations moyenâgeuses de groupes tels qu’Equilibrium, Eluveitie ou Folkearth, ici il n’y pas d’orchestration, pas de choralité : un clavier, parfois le violon, donnent un sentiment de profondeur, de mise en relief des compositions, seulement pour en accentuer la force et l’impact.  Kurgan exprime bien se lien entre la mélodie et la puissance black d’Arafel : un violon démarre le titre en douceur et le « grunt » caverneux du début de 12 secondes nous remet sur nos genoux (encore une fois). Kurgan avec ses accélérations et son solo tout en douceur est un titre certes extrême mais qui fait mouche dès la première écoute.

Il faut signaler deux compositions qui sortent du lot : The Last Breath of Fire est un titre instrumental assez rapide et réussi avec des touches (je dis bien des touches) folk. Si Im Feld et Wolf's Hunt ne rajoutent rien à ce que l’on a dit, le dernier titre, Death of Archaic World,  clôt d’une façon réussie l’album. On retrouve ici présent –enfin- le côté folk, celui  qui restait en toile de fond pendant l’écoute de la galette. Finalement les musiciens se lâchent et à coté du violon on entend du sitar et les thèmes repris par les grattes sont vraiment folkloriques et traditionnels. Certes dans le genre la liste des groupes qui nous offrent ce type de son est très longue, mais ce titre trouve toute sa place dans ce For Battles Once Fought.

Vous l’aurez compris donc que le viking, folk, pagan, black (et les étiquettes sont bien nombreuse) est à la mode et les labels se jettent sur cette poule aux œufs d’or, néanmoins Arafel poursuit sont chemin et s’il ne révolutionne pas le genre, il reste sobre, compact, carré et très paisible à l’écoute. 


Score 8/10