[review] Eerie – Into Everlasting Death (2015)



Eerie – Into Everlasting Death (2015)




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Eerie est un groupe de black metal polonais qui vient sortir son premier album Into Everlasting Death via le label Arachnophobia Records. Le groupe a été fondé en 2014 et se situe entre Cracovie et Lublin lieux de résidence des deux membres du groupe : le guitariste Ancestor (Cracovie) et le chanteur V.O.W.O.C (Lublin). A la batterie est crédité le batteur Maciej Pelczar. Si on creuse un peu ce line up on trouve que Eerie est en quelque sorte le petit frère du groupe black metal polonais Outre et Blaze Of Perdition. En effet Maciej Pelczar est le batteur de Outre et Ancestor est le pseudo de Mateusz Jamróz guitariste de Outre. V.O.W.O.C est le pseudo de Marcin Stępień chanteur additionnel de Blaze Of Perdition. De plus Marcin Stępień n’est pas seulement chanteur mais a un passé de compositeur (les textes de l’album Deliberation de Lightless Chambers, les textes de la démo Cannibal Christ de 21:37), de guitariste (The Harvest de Medieval Plague et la démo Deathenchanting Verses de Veadtuck) et de bassiste (démo Deathenchanting Verses de Veadtuck). Le guitariste Mateusz Jamróz aussi a une palette qui le voit comme guitariste bien sûr mais aussi comme ancien chanteur live du groupe Jarun.

Tout ceci pour dire que Eerie bien que né en 2014 et bien que Into Everlasting Death soit son premier album est formé par des musiciens qui ont une certaine expérience du milieu metal en général et metal extrême en particulier. Into Everlasting Death est un full-lenght de 33 minutes qui comporte 4 titres assez longs et structurés. 

Mining Out of Black Earth démarre les hostilités mais même en multipliant les écoutes ce titre ne décolle pas. Il s’agit de black metal qui se veut flirter avec un post black metal mais le tempo très saccadé de la batterie ne lui rend pas vraiment justice. Le titre est bon mais on ne peut pas crier au miracle.





standard cd
Avec Into Everlasting Death les choses deviennent plus intéressantes : le tempo est plus travaillé, le titre est plus souffert et intéressant. La voix de V.O.W.O.C est écorchée, souffrante et toujours bien maitrisée. La force de Eerie n’est pas la variété des riffs. C’est plutôt la proposition de riffs simples qui s’enchainent très bien en un crescendo de noirceur et de mélancolie. Le ralentissement du tempo dans le titre Into Everlasting Death lui donne encore plus de profondeur. Très réussie est l’accélération du titre Into Everlasting Death à partir de 3.26 avec un cri profond qui clame « Consciousness disordered ». Cette accélération est épique, écorché et mélancolique à souhait et fait de ce morceau son point de
force. 

limited edition (100 cds)
Il faut noter que la fin du titre Into Everlasting Death empiete sur l’intro de Among The Ashes en faisant ainsi un même morceau. Et en effet Ashes To Ashes se revèle comme la continuation du titre précèdent avec ce Ashes To Ashes crié en tout début de titre avec la même souffrance qui transpirait du « Consciousness disordered ». le songwrting aussi est très abouti :






We lived among the ashes / We lived among the dust
Dwelling the land of drought and sickness /And still we do 
For the worlds don’t differ at all / The worlds don’t differ at all…


Encore une fois la matrice black metal est la structure d’un tempo rapide, malade tout axé sur la mélancolie et si l’on devait trouver un mot qui revient souvent dans les textes celui-ci serait “VOID”. Ashes To Ashes est le titre qui flirte le plus avec le coté ambient du groupe, où l’accalmie (tempo down et chœurs lointains) est seulement présentée pour mettre encore plus en valeur le néant qui guette.

Si il y avait un lien musical et lyric entre les titres Into Everlasting Death et Ashes To Ashes, il y a aussi un lien thématique entre Ashes To Ashes et Of Descending Moon. Ashes To Ashes se termine par les mots :


Blinded by shining horizon of the night
I wander…


Alors que Of Descending Moon s’ouvre avec les paroles : 
…among the ancient woods
Where naked bones grow

Encore une fois la solitude est la clé pour comprendre cette œuvre où le résultat final sera l’annonce de l’anéantissement du monde, scellé par les mots S O I T I S D O N E qui ont un saveur biblique. Est-ce que cet anéantissement est réel où s’agit-il d’une mort pour renaitre comme le dit l’alchimie ? Une fin pour la création de la grand œuvre ? Cette considération peut paraitre pérégrine mais si on voit de plus près l’artwork de Eerie on trouve ce symbole, le symbole de l’arsenic rouge connu aussi comme risigal. 

Symbole alchimique de l'arsenic rouge

Eerie signe avec son premier album Into Everlasting Death un bon début, intéressant et qui vaut le détour. Un groupe à suivre à l’avenir.

Score 8,5/10








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