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3 mai 2016

Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016)




Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016)

Arachnophobia Records


Pogavranjen est un groupe de black metal ou mieux de post black metal / avant-garde croate actif depuis 2008. Originaire de Zagreb avec « Jedva čekam da nikad ne umrem » que l’on pourrait traduire par « Regarder plus loin pour ne pas mourir » publie son troisième album via le label polonais Arachnophobia Records. Dans ce cas particulier Pogavranjen utilise une base black metal sur laquelle va expérimenter et greffer des influences jazz, progressives, psychédéliques même. Cette envie d’expérimentation on la trouve aussi dans le nom même du groupe Pogavranjen qui en croate n’existe pas. En effet le groupe a inventé ce terme pour indiquer quelqu’un qui s’est transformé en « corbeau », un « homme-corbeau » donc.

Pogavranjen utilise le black metal pour en explorer les limites de se genre et les repousser. D’un côté il fait ceci en utilisant d’autres instruments comme le clavier, les synthés, trompettes et trombones avec un côté jazz en roue libre. De l’autre Pogavranjen sort des titres longs qui n’ont plus la forme classique de couplet / refrain.

On se trouve alors face à un album déstructuré qui peut rappeler des formations avant-gardistes telles que Solefald, Ephel Duath, et surtout Arcturus. La voix d’Ivan Eror est malsaine mais pas écorchée dans le sens d’un chant grunt ou growl. C’est une voix malade qui exprime une noirceur réelle et bien enracinée. Le line up est grand : Matej Pećar - Guitars, Bass, Niko Potočnjak - Guitars (lead), Denis Balaban – Guitars, Marko Domgjoni - Keyboards, Synths, Bass, Ivan Eror  - Vocals, Stanislav Muškinja –Drums et à tout ce monde il faut rajouter les invités qui sont : Igor Mihovilović - Samples, Ambience, Ivan Perković – Trumpet, Roko Vidaković – Trombone. Tout ceci pour dire que Pogavranjen plus qu’un groupe est une sorte de collectif.

Il faut plusieurs écoutes pour commencer à apprivoiser cet album qui est vraiment riche et étrange.

La musique est souvent répétitive une sorte de serpent qui se mord la queue ou une sorte de dinosaure qui revient systématiquement sur ses pas. Mais même dans ce déroulement en spirale il y a des variations qui se présentent de temps à autres et elles enrichissent des atmosphères qui semblent – en apparence – dépareillés. Les guitares, la composante électronique, les synthés forment un tourbillon qui évolue constamment en laissant toujours en toile de fond une certaine noirceur et solennité. Ce côté on le voit de plus en plus mais à condition de multiplier les écoutes.

Le mot qui vient à l’esprit est « mantra ». Oui en quelque sorte Pogavranjen fait une sorte de musique ‘spirituelle’ c’est-à-dire de la musique teintée de sacré qui revient sur elle-même pour dévoiler sa valeur et sensibiliser à la médiation. Côté texte Pogavranjen fait un tour de force puisque le titre Keres peut faire penser à la mythologie grecque ou au fleuve qui côtoie la Hongrie et la Serbie. Vu qu’il s’agit d’un titre instrumental, les deux interprétations sont possibles. Maitreya va chercher dans la philosophie bouddhiste tandis que Xolotl va chercher dans la mythologie aztèque. Le titre Kalpa nous amène au védisme et Olam Ha-Ba est l’une des croyances du judaïsme et Parahoma apparemment désigne un élixir de vie, selon ce que j’ai pu comprendre.

Pogavranjen depuis sa création en 2008 n’a pas cessé de grandir et cet album Jedva čekam da nikad ne umrem est la preuve de son talent et de sa grande forme.

Score 9/10

Arachnophobia Records

 Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016)

 Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016) - 6 panels cd

 Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016) - 6 panels cd

 Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016) - cd + insert

 Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016) - insert

 Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem (2016) - back
 

1 avr. 2016

Entropia – Ufonaut (2016)




Entropia – Ufonaut (2016) / Arachnophobia Records


La Pologne se confirme encore une fois comme le Pays où le Black Metal connaît ses heures de gloire. Entropia sort à la mi-février son deuxième album qui se nomme Ufonaut via le label polonais Arachnophobia Records. Entropia est actif depuis 2007 et a réalisé depuis la démo Let's Leave Before This Place Thaws en 2009 et l’Ep Chimera en 2010. Entropia commence à faire parler de lui en 2013 avec son premier album Vesper qui sort sous forme d’autoproduction. Depuis le groupe n’a pas cessé de progresser et de murir. En effet la distance qui sépare Vesper (2013) et Ufonaut (2016) est assez grande. Il ne faut pas penser que Vesper était mauvais non. Vesper est un très bon album mais peut-être un peu trop linéaire et inspiré par d’autres groupes comme Celeste, Altar Of Plagues et The Great Old Ones. Mais si on devait donner une note à Vesper, ça pourrait être de 8/10.

Ufonaut va encore plus loin et plus en profondeur. Les cinq membres d’Entropia se font nommer désormais U.L.T.R.A c'est-à-dire que l’on connaît que les initiales de chaque membre et que ces initiales mises côte à côte donnent U.L.T.R.A. D’abord l’artwork et le design ont été réalisés par Kuba Sokólski et sont en noir et vert clair. Les formes presque abstraites se marient très bien à la musique d’Entropia. Entropia fait du Black/Sludge/Post-Metal et ce type de metal est clairement affiché dans le layout. Oui car si les groupes de black metal ont un layout en noir et blanc, Entropia souligne son côté black / sludge par cette alternance de noir et vert clair. De même les images dans le livret soulignent un caractère psychédélique aussi grâce à cette bichromie et à des formes étranges et monstrueuses. 

dans une note manuscrite d'Einstein datant du 1er avril on a trouvé la formule chimique d'UFONAUT


Musicalement Entropia est l’un des meilleurs albums que j’ai pu écouter dernièrement. La production est parfaite et met vraiment en relief tous les instruments. La voix est mixée en deçà des autres instruments et ceci à une première écoute s’avère déstabilisant. Par contre une fois que l’on multiplie les écoutes on trouve que cette voix qui « vient de loin » se trouve parfaitement à l’aise dans l’ensemble. Dans ce côté "post / sludge", une voix sous mixée se taille une place différente à celle que l’on a l’habitude d’écouter et le résultat est très intéressant. Ne nous trompons pas quand même : la base d’Entropia est et reste le black metal avec ses tempi très rapides et ses blast beats. A cette base se rajoutent des moments plus sludge ou progressives qui sont aussi teinté de psychédélisme comme sur le titre Mandala. Il y a de l’Avantgarde dans l’air un peu à la Deathspell Omega ou à la Dødheimsgard. Le clavier est présent mais pas omniprésent en sachant doser dans les atmosphères et les ambiances mais aussi en se faisant symphonique comme sur le titre Paradox.

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Le principal mérite d’Entropia est celui de créer un mur sonore de musique extrême qui flirte de façon admirable avec des expériences, que ce soit la voix, le clavier, une progression à la rock des années ’70 ou encore des pans progressives qui rendent les titres jamais banals. Il y plusieurs compositions « à tiroirs » qui nécessitent plusieurs écoutes pour être apprivoisées et qui à chaque écoute révèlent des nuances au niveau de la composition.

Entropia avec Ufonaut signe un deuxième album très abouti, innovateur, original et puissant. Un album qu’il faudrait écouter et acheter puisqu’il semblerait être un bon candidat parmi les 10 meilleurs albums de cette année.

Score 9,5/10



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Entropia - Ufonaut (2016) / Arachnophobia Records / artwork and design by Kuba Sokólski

Entropia - Ufonaut (2016) / Arachnophobia Records / artwork and design by Kuba Sokólski

Entropia - Ufonaut (2016) / Arachnophobia Records / artwork and design by Kuba Sokólski

Entropia - Ufonaut (2016) / Arachnophobia Records / artwork and design by Kuba Sokólski

Entropia - Ufonaut (2016) / Arachnophobia Records / artwork and design by Kuba Sokólski

Entropia - Ufonaut (2016) / Arachnophobia Records / artwork and design by Kuba Sokólski

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