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6 juin 2014

Pandemonium – Misanthropy (2012)



Misanthropy est le quatrième studio album des polonais de Pandemonium sorti via Pagan Records.
Nous vous avions parlé précédemment de l’édition 2013 du premier album du combo The Ancient Katatonia. Il faut d’abord préciser que le groupe est étiquétté comme "black – death metal" sur Metal-Archives.com. En lisant plusieurs chroniques sur le web on lui reproche de ne pas évoluer du tout dans ce registre. Mais le fait d’avoir cette étiquette sur Metal-Archives ne doit pas être considérée comme un défaut du groupe mais plutôt comme une simple erreur. Pandemonium propose des riffs en mid tempo, très lourds, étouffants presque très proche dudoom. Le son peut être considéré black grâce à sa production mais que le son. Le chant aussi n’est pas vraiment black mais plutôt écorché, profond. Le riffing est le point de force de cet album qui peut être considéré hypnotique et étouffants. On pourrait définir le groupe comme "ambiant black doom". Ça ne résume pas tout mais ce serai toujours plus précis.

La force de Pandemonium est la facilité avec laquelle avec des simples riffs il est capable de construire une atmosphère hypnotique et étouffante. L’enchainement de riffs est percutant comme par exemple sur Necro Judas. La voix est toujours aussi écorchée, profonde, envoutante. Le travail de batterie est précis et derrière la linéarité que l’on peut entendre on retrouve un travail d’orfèvre avec les changements répété entre un jeu extrême et plus raffiné.
The black forest ouvre la danse avec cette atmosphère qui ne quittera pas l’auditeur. Stones Are Eternal s’ouvre avec un tempo doom et présente la comme invité la chanteuse grecque Androniki Skoula (Chaostar, ex-Septicflesh, guest sur le dernier Rotting Christ). Les deux voix (féminine et masculine) se fondent à la perfection. On n’est pas ici dans le duel du "symphonic metal" où la fille joue le rôle de la Belle et l’homme celui de la Bête. Pandemonium utilise les deux voix pour aller chercher la noirceur encore plus en profondeur dans l’âme humaine. Androniki Skoula pose sa voix également sur le titre éponyme Misanthropy pour encore une fois une belle prestation.

Il faut souligner encore deux points de force de Pandemonium : d’abord le travail fait par les soli sur cet album et ensuite l’ajout mesuré d’éléments orientalisant à sa musique. Les soli sont de très bonne facture, bien exécutés et sentis ils rehaussent chaque titre. Les éléments orientalisant (Misanthropy, Only The Dead Will See The End Of War) sont vraiment ciblés dans la mesure où ils donnent à l’album une aura de lointain, d’onirique et de presque spleen.

Pandemonium avec cet album Misanthropy se révèle être très en forme en sortant un album qui réunit ses éléments de base (doom, black, ambiance étouffante) et poussant encore les limites et innovant en quelques sorte ou en donnant encore plus de cohésion au tout avec des soli mis plus en avant, un chant féminin qui complète le masculin, et des éléments orientalisant qui donnent encore plus de profondeur aux atmosphères.

Un joli tour de force.


score 9/10

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Pandemonium – Misanthropy (2012)
01. The Black Forest
02. God Delusion
03.  Necro Judas
04.  Stones Are Eternal
05.  Avant-Garde Underground
06.  Everlasting Opposition
07.  Only The Dead Will See The End Of War
08.  Misanthropy

17 oct. 2013

Pandemonium – The Ancient Katatonia (reissue 2013)


Pandemonium est un groupe culte polonaise qui est actif depuis 1990 et qui milite dans un registre black / death metal. Leur premier album The Ancient Katatonia est sorti en 1994 et vient d’être réédité aujourd’hui via le label Old Temple. Cette réédition comporte un livret plus riche avec textes, photos et des numérisations d’anciennes interviews du groupe pour des fanzines polonaises. De plus cette édition est numérotée mais pas limité. Pour mieux cerner et apprécier cet album aujourd’hui il faut revenir un peu en arrière. A l’époque de son enregistrement en 1993 la musique metal avait tout juste fait son entrée en Pologne. A cause de la division de l’Europe et du monde en deux parties (la guerre froide) la musique et de surcroit le metal qui était considéré comme américain avait du mal a percer à l’est. Du coup un marché parallèle de K7 pirates était disponible mais cher payé pour les fans. Pandemonium est un des premiers groupes qui met en scène un état de maladie, de souffrance, de chute des illusions d’ici son nom The Ancient Katatonia, dont l’état de catatonie d’immobilisme et de douleur physique et psychique. Peut être que la chute du mur de Berlin en 89 y est pour quelque chose en miroitant aux gens de l’est des possibilités de liberté qui en même temps ont bousculés un ancien ordre bien établi.

On peut constater que cet album n’a pas pris une ride. La production est très bonne et l’écoute très plaisant. On a parlé de death / black metal mais en réalité si vous vous attendez à ceci vous serez déçus. Pandemonium propose des riffs en mid tempo, très lourds, étouffants presque très proche au doom. Le son peut être considéré black grâce à sa production mais que le son. Le chant aussi n’est pas vraiment black mais plutôt écorché, profond. Le riffing est le point de force de cet album qui peut être considéré hypnotique et étouffants. Les premiers titres (The Majesty, Memories, Different Part, The Black Arts) présentent très peu de riffs répétés avec des variations minimes mais qui donnent une idée de la technique et du talent du groupe. La clef de vouté de l’album est le titre Winter. Il s’ouvre par des cris d’oiseau, une ambiance que aujourd’hui on définit par ambiant, post black metal ou encore shoegaze. Pandemonium faisait déjà tout ceci il y 20 ans. Un violon aussi fait son apparition très discrète.  La guitare acoustique aussi se point par moments sur l’album tout en restant discrète.

Les arrangements sont la force de cet album : passer d’un riff à l’autre et échangent de très peu sa structure en rajoutant des arpèges et des « open chords » ou des petites accélérations comme par exemple Unholy Existence ou Seven Signs. On a parlé du sentiment d’oppression de l’album mais ceci ne dérange pas du tout. Pandemonium propose un long voyage, il suffit d’embarquer et de se laisser transporter au gré des notes et de chants pour rentrer dans un autre monde.

On remarquera en passant le démon Pazuzu sur le rétro du boîtier qui avec sa main levé fait signe soit d’aller vers lui soit de faire attention. A vous de l’interpréter comme vous le souhaitez. C’est un album en béton, je ne mets pas 10 puisque dans le livret il y a quelques fautes d’orthographe en anglais.


Score 9,5 / 10




Pandemonium – The Ancient Katatonia (reissue 2013)
1. The Majesty              
2. Memories                 
3. Different Part                        
4. The Black Arts      
5. Winter        
6. Garden of Twilight            
7. Might is Right        
8. Morbid Gods         
9. Unholy Existence   
10. Seven Signs



Pandemonium - Cd et pochette

Livret

Rétro du cd



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