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19 avr. 2013

Skelator – Death to all Nations (2010) Review



On peut considérer Death to all Nations, sorti en 2012, comme le premier album studio de Skelator. Car même si le sorti en 2008 l’album Give Me Metal or Give Me Death celui restait disponible seulement en téléchargement depuis le site du groupe. Ensuite Give Me Metal or Give Me Death a été édité en 2012 en K7 via Metal on Metal Records et aussi en 2013 toujours via Metal on Metal Records en cd. On notera toutefois que la K7 et le cd n’ont pas la même tracklist. C’est pour cela que je considère Death to all Nations comme le premier album de Skelator.

Dans la jaquette du cd on peut lire une prophétie :

« There is legend of a champion
Born from a cauldron of molten steel
Wielder of the Dragonblade
Possessor of the Red Omen
Overlord to his mighty army,
The warriors of genocide.

He is the King of fear
And he will not stop
Until the race of man is no more.
If ti means the destruction
Of the entire world… so be it!

In the name of Skelator
By the Elder Gods of Metal
Death by the Iron Hand! »


Cette prophétie fait écho avec les titres Skelator et The Skelatorian Manifesto qui figurent sur l’album Give Me Metal or Give Me Death. On découvre alors que Skelator est en réalité une sorte de Skeletor de Masters of the Universe mais en plus méchant. Il s’agit du dieu de metal qui a pour but l’annihilation des hommes. Il veut dominer et étendre son royaume. Coté songwriting, Skelator aime multiplier ses sources et on peut trouver ainsi Le Seigneur des Anneaux (For Death and Glory), le jeu vidéo Castelvania (Symphony of the Night), et l’histoire avec la bataille d’Azincourt (Victory (Henry V) ou les raids des vikings (Circle of Bloodshed). De plus le morceau (Victory (Henry V) présente dans ses textes un extrait de  l’acte 4 de la scène 3 du Henry V de Shakespeare.

« He who hath no stomach to this fight let him depart […]
For we would not die in that man's company […]
We few, we happy few, we band of brothers […]
For he today that sheds his blood with me
Shall be my brother […]
»
Shakespeare, Henry V, Act 4, Scene 3


Skeletor by Dave Rapoza


Musicalement Skelator évolue dans un heavy metal plutôt puissant, du power metal metal (sans claviers !) qui flirte par moments avec le thrash. Si vous prenez la NWOBHM et vous accélérez et endurcissez le tempo vous aurez une idée de la musique de Skelator. Les deux guitares de Robbie Houston (Guitar of Power) et de Rob Steinway (Guitar of Glory) sont puissantes en phase rythmique et en solo ils évoluent souvent sous forme de «twin guitars » aux accents Judas Priest ou Iron Maiden. Le chant de Jason Conde-Houston  (Larynx of Doom) est souvent aiguë et parfois lance des cris suraigües qui peuvent faire penser à Rob Halford ou Tim « Ripper » Owens et très souvent dans un registre à la Michael Kiske période Keeper of the Seven Keys. Du pur bonheur, d’autan plus que la production est bien soignée et l’on peut apprécier aussi l’apport de Zach Palmer  (Bass of Tyranny) et de Patrick Seick (Drums of War) surtout pendant les duels de guitare. Il faut citer que le titre Stand Up (For Rock and Roll) est dédié à la mémoire de Ronnie James Dio (RIP 16/05/2010).

Si vous aimez des groupes comme Iron Maiden, Saxon, Blitzkrieg, Angel Witch, Dio, Judas Priest, Crimson Glory, Running Wild, Grave, Helstar, ce Death to all Nations est l’album qui fait vous. Skelator propose des titres heavy lourds, dynamiques, inspirés et terriblement efficaces qui une fois sur votre platine feront votre bonheur.


Score 9,5/10



Artwork Sean McGrath

Skelator – Death to all Nations (2010)
1. Birth of Steel         
2. The Truth    05:01     
3. Victory (Henry V)  
4. Circle of Bloodshed          
5. Symphony of the Night       
6. For Death and Glory          
7. Stand Up (For Rock and Roll)      
8. Death to All Nations






Line up
Jason Conde-Houston - Larynx of Doom
Patrick Seick - Drums of War
Robbie Houston - Guitar of Power
Rob Steinway - Guitar of Glory
Zach Palmer - Bass of Tyranny

Mercenary forces on this album
Erik Hansen – Guitar of Terror
(on “Circle of Bloodshed” and “Symphony of the Night”)

Nihilist
Cries of the Undead
(on “Symphony of the Night”)

 
Cd et boîtier avec le texte de la prophétie

livret

retro du boîtier et du livret





 

14 sept. 2012

Skelator - Time of the Sword Rulers (2008)

Skelator - Time of the Sword Rulers (Artwork by Paolo Parente)

1. Death To The False (04:58)
2. Time Of The Sword Rulers (01:29)
3. The Coming Of Chaos (07:32)
4. Heavy Metal Sacrifice (05:56)
5. The Wrath Of Odin’s Sons (15:18)
6. The Dark Tower (04:01)
7. You Traveled Many Miles
(For A Heavy Metal Show) (05:42)
8. In Metal We Trust (06:37)
9. Siege Of Gondor (06:28)
10. Save The Devil (From His Cage)
[bonus track] (04:00)
11.
She-Ra (You Will Be Mine)
[bonus track] (04:24)


Je l’avoue : j’ai un faible pour Skelator. J’ai découvert le groupe avec l’album Agents of power que vous trouverez chroniqué ici et petit à petit je me penche sur la discographie du groupe. Aujourd’hui c’est le tour de Time of the Sword Rulers sorti en septembre 2008 via le label Metal on Metal.

Skelator a sorti sous forme autoproduite en 2005 l’Ep Swords et en 2006, toujours en autoproduction, le split The Gore of War avec le groupe GutRot. L’album Time of the Sword Rulers de 2008 réunit l’Ep Swords et le split The Gore of War entièrement remasterisés. En plus Time of the Sword Rulers présente une nouvelle pochette réalisée par Paolo Parente, et deux titres bonus : Save The Devil (From His Cage)" (un titre inédit, enregistré par le side project du nom SHREDDER, avec Jason Conde-Houston et Jesse Jensen), et She-Ra (You Will Be Mine)" (une version inédite de ce titre qui se trouve dans la Démo de 2001 Behold… et la Démo de 2003 Give metal or give me death).


Avant d’aborder la chronique juste un mot sur le line-up :
Jason Conde - Houston - Larynx Of Doom
Robbie The Houston - Guitar Of Power
Rob Ice Wizard Nass - Guitar Of Glory
Zach Palmer - The Bass Of Tyranny
Johanson Waymire - Drums Of War

Comme on peut le constater de par le pseudo des membres du groupe, les pochettes et les paroles de l’album on a à faire à un groupe de TRUE speed / heavy metal. Evidement avec une bonne dose de deuxième dégrée.

Skelator - Ep Swords 2005 Artwork by Nathan Bockelman  'Corum facing the Chaos horde'

 En ce qu’il concerne les thématiques il faut y jeter un coup d’œil : Skelator baigne dans l’univers de Michael Moorcock. La pochette de l’Ep Swords montre 'Corum facing the Chaos horde' (artwork by Nathan Bockelman) et les textes de Time Of The Sword Rulers et The Coming Of Chaos s’inspirent de la saga ‘Les livres de Corum’ dont ils font parties notamment La trilogie des épées et Les chroniques de Corum. Corum Jhaelen Irsei (le héros ou le ‘champion’ de la saga) est le dernier d'une race ancienne appelée Vadhagh. Sa lignée a été décimée par la nouvelle race des Mabdens (les hommes en réalité). Il faut souligner aussi que les textes sont du chanteur Jason Conde-Houston et de Michael Moorecock en personne !

SKELATOR - GUTROT - The Gore of War (Split) 2006 Artwork by Ryan Jorgensen


The Wrath Of Odin’s Sons est sans aucun doute la pièce maitresse de l’album avec ses 15 minutes au compteur. Ici les ambiances à la Iron Maiden et Manowar sont nombreuses ainsi que de moments plus tharsh oriented. La chanson s’inspire du siège du monastère de Lindisfarne située sur l'île de Lindisfarne en Angleterre, sur la côte de la Northumbrie. Le monastère a été pillé par les Vikings le 8 juin 793, et la nouvelle de cet événement à fait le tour du monde chrétien de l'époque : on en trouve la preuve dans le texte de la  Chronique anglo-saxonne. Le point de vue est celui des vikings.

The Dark Tower n’est pas une citation de la tour sombre de Stephen King. No. Ici on retrouve encore l’univers de Michael Moorcock du Cycle d’Elric pour la précision. Elric de Melnimboné est un albinos armé de l’épée noire Stormbringer qui a l’habitude d’aspirer l’âme de ses victimes. Elric est sur la pochette de ce Time of the Sword Rulers.

Siege of Gondor s’inspire à l’œuvre de JRR TOLKIEN Le Seigneur des Anneaux. Il s’agit de la chute de Minis Tirith attaquée par les Orcs.

L’amour inconditionnel pour le metal que ce soit du point de vue des artistes ou des fans est mis en avant par les titres Death To The False, Heavy Metal Sacrifice, You Traveled Many Miles (For A Heavy Metal Show) et In Metal We Trust.
Heavy Metal Sacrifice est un titre vraiment efficace qui alterne moments heavy à des rythmiques plus blues. Une très bonne surprise.

Cet album est conseillé aux amateurs de groupe comme Iron Maiden (pour les duels de guitares), de Manowar (pour l’approche et la rythmique souvent guerrière), de Judas Priest (pour les aigus de Jason Conde – Houston). Skelator ne se résume pas aux groupes cités mais il a sa personnalité, une bonne dose de technique, un gout certain pour la mélodie et le songwriting.


Score 9,5/10


Skelator Myspace
Skelator on Bandcamp
Metal on Metal Records





21 juin 2012

SKELATOR - Agents Of Power (2012)


SKELATOR - Agents Of Power (2012)

1. Agents Of Power (04:52)
2. Gates Of Thorbardin (05:30)
3. Dream Dictator (06:15)
4. Rhythm Of The Chain (04:15)

Elric: The Dragon Prince

(A Tale of Tragic Destiny in 12 Parts)
5. Overture [instrumental] (04:18)
6. Elric: The Dragon Prince (05:15)
7. Pulsing Cavern (00:34)
8. Stormbringer And Mournblade (02:49)
9. The Young Kingdoms (01:29)
10. The Dark Tower (03:27)
11. Cymoril (03:47)
12. Rubble And Ash (04:01)
13. Fate, The Dreadful Curse (01:59)
14. Elric: The Kinslayer (01:52)
15. Bane Of The Black Sword (06:16)
16.
Outro (02:21)


Les américains de Skelator viennent de publier leur deuxième ‘studio album’ Agents Of Power sorti via le label Metal on Metal. Cette nouvelle galette ravira les fans de groupes comme Sacred Steel, Domine, Judas Priest, Iron Maiden. Pour le public un peu plus underground on citera aussi les groupes cultes Cirith Ungol, les premiers Virgin Steele ou encore les premiers Manowar. En effet Skelator depuis le début de sa carrière en 1998 nous a habitués à un Epic Heavy/Speed Metal sans concession ancré dans la plus pure tradition des années ’80 – ’90. De ce que les années ’80 – ’90 avaient de meilleur avec en plus une production moderne.

D’abord deux choses sautent aux yeux : la pochette et la tracklist. La pochette est œuvre de Maichol Quinto, un artiste très connue pour ses œuvres liées aux jeux de rôle. (Ici pour approfondir). On se trouve face à Elric de Melniboné le héros du cycle idée par l’écrivain Michael Moorcock. L’albinos Elric tient son épée Stormbringer au dessus de sa tête en train d’évoquer le démon Arioch. C’est qu’annonce la pochette est bien présent aussi coté tracklist car l’auditeur peut plonger dans l’univers d’Elric grâce à l’histoire conceptuelle et épique  Elric: The Dragon Prince divisée en 12 parties pour un total de quarante minutes.

Agents of power est un titre accrocheur, rapide et direct dans la plus pure tradition heavy power. Le titre fait mouche dès le début. Par contre Gates Of Thorbardin est un peu le maillot faible du disque car le riff principal est inspiré, pompé par moments, du titre Holy Diver de Ronnie James Dio et ceci plombe un peu la chanson. Dream Dictator est un très bon titre encore rapide caractérisé par un break où la basse est mise à l’honneur et les guitares restent en arrière. Cette importance donnée à la basse rappelle le titre de Savatage ‘Ghost in the ruins’ où de la même façon pendant le break la basse ronronne et porte le morceau.
Rhythm Of The Chain est un hymne de heavy metal, le titre qui te fait taper du pied et commencer à headbanger. Chaque groupe en possède un titre de cette facture (Sabaton avec Metal Crüe, Helloween avec Heavy Metal (is the law) par exemple. Les 'back up vocals' du titre sont assurées par Diabolical Diamond, le chanteur de Midnight Idöls.

Jusqu’ici tout va bien. Ensuite il y a le gros moment de l’album : Elric: The Dragon Prince (A Tale of Tragic Destiny in 12 Parts). Les douze parties sont intimement liées entre elles car il n’y a pas de blanc entre une piste et l’autre. Ici on évolue dans un ‘tale’, un conte, une histoire. On est à des années  lumières de la mode d’un opéra metal. 'Elric' ne présente pas de chœurs à plusieurs voix, de compositions à tiroirs, des solos techniques à la « m’a tu vu ? ». 

'Elric' raconte son histoire, son amour, sa guerre, la rencontre avec son épée Stormbringer qui a soif de sang humain et son alliance au maître obscur Arioch. Tous les éléments de l’œuvre de Michale Moorcock sont réunis pour une saga qui a du souffle. Il n’y a aucun temps mort. Skelator ne fait pas de prisonnier et vous embarque dans un univers cruel. Le groupe Domine s’est frotté aussi à l’exercice et même en publiant des albums de qualité il nous semble être resté un peu à l’écart de la violence du monde imaginé par Moorcock.

Skelator rentre dédain tout de suite avec une intro instrumentale très bien joué avec des lignes mélodiques que l’on retrouvera pendant la saga. Les titres Elric: The Dragon Prince ou Stormbringer And Mournblade sont très rapides, super accrocheurs, inspirés avec des solos et une prestation vocale exceptionnelle.  Le titre Cymoril m’a particulièrement touché : intro lente à deux guitares acoustiques, voix douce et triste et un crescendo d’abord avec des tambours et puis l’explosion avec batterie et guitare électrique. Ce titre est un petit bijou. J’ai isolé ce titre mais dans cet album il n’y a rien à jeter. La saga alterne aussi de textes récités qui font le lien entre les différents moments de l’histoire.

Un mot encore sur la formation formée par Jason Conde-Houston (vocals), Robbie Houston (guitars), Rob Steinway (guitars), Zach Palmer (bass) et Patrick Seick (drums). Les cinq musiciens sont en état de grâce : Jason Conde-Houston évolue dans les aigües avec aisance à la Micheal Kiske d’antan ou à la David de Feis et il est excellent aussi sur les titres les plus calmes chantés à voix claire (l’intro de Elric: The Dragon Prince ou le titre déjà cité Cymoril). La basse de Zach Palmer claque et c’est un plaisir. Enfin on entend une basse et on se régale quand la basse joue les mêmes notes que les deux axes ou quand elle soutien un morceau permettant ainsi des envolés. Les deux guitaristes Robbie Houston et Rob Steinway s’entendent très bien et pondent des riffs accrocheurs ou de solos très bien ficelés comme s’il en pleuvait. On termine pour saluer la performance à la batterie de Patrick Seick qui a un jeu varié et personnel.

Ce qui frappe est le bon milieu trouvé par le groupe : les riffs proposés ou les solos sont efficaces et en plus ont une durée idéale pour mes oreilles. Je m’explique. Parfois il y a des albums où l' on tombe sur un bon riff ou solo mais il est répété à outrance et il nous lasse au bout d’un moment. Parfois encore on tombe sur un bon riff ou un bon solo et on n’a même pas le temps de l’apprécier qu’il se termine déjà. Skelator a une ‘durée de riff (si vous me passez l’expression), un enchainement, un déroulement de riffs et de solos qui sont vraiment adaptés à mes oreilles.

Nous avons ici un très bon album de heavy / speed qui met la barre très haute. L’album est inspiré, le songwriting mur, la pochette réussie et le groupe nous offre une très bonne prestation.

Score 9/10