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10 nov. 2025

Désordre - l'échappé belle (EP 2025) chronique

 Désordre 
l'échappée belle 

(autoproduction, EP 2025)

Désordre  l'échappée belle


Dans ce post je suis très heureux de vous présenter le groupe Désordre qui a publié son premier album, l'Ep L'échappée Belle fin octobre 2025 sur bandcamp. Désordre se décrit comme un groupe de rock instrumental lyonnais (guitare, basse, batterie) avec des compositions qui tendent vers un mélange de stoner et de rock garage avec une touche de rock progressif.

Le trio, formé sur Lyon en octobre 2023 est ainsi composé : Greg à la guitare et à l'écriture, Martin, à la batterie, et Téo, à la basse. Cet EP a été enregistré en total autoproduction, après deux ans d'existence, et une poignée de concerts dans la région Rhône-Alpes. Le groupe s'est rencontré dans le milieu de la scène metal lyonnaise (Martin & Greg via un groupe de thrash du coin, où leurs idées musicales étaient trop "bizarre" pour le style demandé, et Téo les a rejoint par la suite, après avoir répondu à des petites annonces).

Pour le style musical, le groupe surnomme ça du "garage prog" surtout par ses influences qui, pour le guitariste, est très inspiré du renouveau scène indé/garage de ces 20 dernières années (des grosses guitares fuzz et leur fameux patterns de batterie dit "motorik" directement issu du krautrock) alors, que le batteur, qui vient vraiment de la scène prog metal moderne, et tout ce qui s'y englobe (le djent, le math rock et d'autres trucs bien compliqués à jouer). 

Cela fait que pendant que les grattes calquent des idées des Thee Oh Sees, Ty Segall, Temples, Slift, Squid, et surtout King Gizzard and The Lizard Wizzard, les batteries vont surtout s'aventurer du coté de chez Plini, TesseracT,  Animal As Leaders, Minus The Bear ou Periphery 

Selon le groupe, pas mal de gens leur disent entendre du Porcupine Tree, Karnivool, Tool et Glass Beams dans ce qu'il fait, et ainsi des réminiscences qui renvoient à la scène stoner. Les membres de Désordre confirment d'être des mordus de metal et hardcore, avec un amour partagé pour Gojira, Meshuggah et l'album Rust In Peace de Megadeth. 

Je dois remercier Greg pour m'avoir aidé à vous tracer ce portrait que vous venez de lire sur le groupe. 

Personnellement, avant de parler de la musique j'ai été surpris favorablement par deux choses : 
- l'artwork, réalisé par Greg, qui est très beau avec un lézard endormi au milieu d'objets disparates. Un lézard et une pochette dans les tons du violets et sous acide qui renvoie aux groupes psychédéliques et stoner. La pose du lézard, recroquevillé sur lui même et les tons violets (couleurs du chakra couronne) invitent à un voyage intérieur et solitaire.   
- la production simplement cristalline. C'est bluffant de savoir que l'on peut atteindre un tel rendement à la maison, à condition de savoir le faire. Désordre a su le faire et je n'ose pas imaginer le temps qu'ils y ont passé dessus pour avoir un tel résultat. 

Musicalement j'avoue que, en tant que fan de metal classique et thrash je n'ai pas retrouvé les influences citées plus haut comme Porcupine Tree, Karnivool, Tool et Glass Beams car ce sont des groupes que je ne connais pas. Honte à moi :-) 

En revanche Chèvre Blue (mais pourquoi la chèvre est bleue?) dans son atmosphère générale avec ses soli au saveur oriental m'a fait penser à My Sleeping Karma et à son album Atma. Tiens un autre album dont la pochette est dans les tons bleue - violet ! Je retrouve aussi des échos de Tides From Nebula de l'album Earthshine pour ce côté éthéré. Le titre a une structure linéaire où un tempo calme se brise doublé d'une guitare rythmique enragée qui dilate le temps. il y un alternance calme - énervement qui grandit comme une spirale.

Ordalie est le titre le plus "hard" voir "metal" de l'ep. La guitare saturée et le tempo assez énervé collent bien au morceau qui lui aussi suit un développement en alternant temps calme et uptempo. On retrouve encore ce mood oriental exprimé par la guitare soliste.

L'intro de Débordé nous renvoie au Red Hot Chili Peppers et se transforme en un morceau endiablé de hard rock avec une batterie presque jazzy. 

Après plusieurs écoutes on est agréablement conquit par un Ep qui montre l'excellent niveau technique des trois membres et qui réunit trois titres différents, variés mais dont on reconnait la patte. 

Bref, amoureux de bonne musique, je vous invite à écouter Désordre et son Ep L'échappé belle !









3 sept. 2025

Helloween - Giants and Monsters (2025) chronique (à chaud)

 Helloween - Giants and Monsters (2025)

Reigning Phoenix Music



Helloween vient de publier son dernier album ce vendredi 29 août et voici ma chronique à chaud vu que l'album tourne en boucle depuis. Evidemment j'ai écouté l'album plusieurs fois mais je manque de recul, donc gardez-le en tête.

J'ai grandi en écoutant Walls of Jericho et les 2 keepers que j'avais en cassette et que j'ai consumé. Ensuite j'ai dévoré l'EP Helloween une fois qu'il a été publié dans la version extended en cd sur l'album Walls of Jericho. Ces quatre albums je les connais par chœur et je les adore.  

J'ai fais l'impasse de Pink Bubbles Go Ape et de Chameleon, j'apprécie la carrière de Andi Deris et je considère The Dark Ride un très bon album. Je n'arrive pas à écouter l'album Helloween de 2021 car je le trouve indigeste et dont je sauve le titre Skyfall. Je ne dis pas que Helloween soit un mauvais album, attention, je n'arrive pas à l'écouter et du coup je ne donne pas de jugement.

Voici donc vous connaissez mes goûts qui vont jouer, même si j'essaie d'être objectif, dans mon avis pour cette album. 

Giants and Monsters est un bon album, voir très bon. Il n'a rien à avoir avec la gloire du passé mais il est presque exceptionnel comparé à l'album Helloween. Si on se penche sur les textes on pourrait dire que Giants and Monsters est l'album de la maturité, du moment où on fait le bilan, on se questionne sur le (son) future. C'est un album mystique et je vous en dirai plus après.

D'abord dans l'ensemble : 

Les morceaux sont très fluides, ils rentrent bien en tête et après une première écoute on peut dire que l'on a saisi l'album. La production est bien calibrée : les instruments sont très présents, on peut discerner les trois guitare, les trois voix aussi sont bien en valeur ainsi que la basse et la batterie. Ce n'est pas une production analogique, cela n'existe plus bien entendu mais on est loin des productions "plastique et chewing-gum" auxquelles la Nuke nous avais habitués. La seule chose qui me dérange c'est le choix de rajouter de sons graves sur les couplets de Universe (Gravity for Hearts). Je n'arrive pas à l'écouter avec le casque alors que sur ma chaîne sa passe très bien. Je comprends l'idée de mettre des graves pour donner plus de profondeur mais c'est une expérience dérangeante pour moi. 

Dans le détail : 

Giants on the Run est un très bon début avec un refrain puissant et épique. On retrouve la patte d'Helloween dans leur côté épique et mélodique. Andi et Kai chantent très bien, les soli rappellent énormément ce que Helloween a déjà fait et cela est très apprécié. Le titre se termine avec des chœurs style opéra que Blind Guardian ne regretterait pas. Ce n'est pas pour être chiant mais ce qui m'interpelle est l'alternance de moment calmes et accélérés (couplet / refrain / break avec Kai à la voix et ainsi de suite). C'est une alternance de moments / ambiances qui ne me semblent pas très fluides et plus artificielle. Mais j'avoue que je chipote.

Savior of the World est un titre rapide, speed qui rappelle pourquoi on considère - moi je considère - que Helloween a fondé le speed metal. Michael Kiske chante est c'est un pur bonheur. On se demande quand est-ce que il respire :-)

A Little Is a Little Too Much - est un titre radio-friendly avec un refrain vraiment accrocheur et une mélodie facile et immédiate. Cela me rappelle Eagle fly free mais Eagle fly free est vraiment trop simpliste et plat à mon avis. A Little Is a Little Too Much ça donne avis de l'écouter plus d'une fois et en concert cela doit être un morceau fédérateur.

We can be Gods s'ouvre avec un cris et un rythme très élevé. Encore un titre speed avec une échange entre Kiske, Deris et Hansen pour du bonheur. Soli en tapping très mélodique avec des guitares harmonisées. Du pur plaisir. Avec à la clé un "oh oh OH" fédérateur.

Into the Sun - est un titre tiré de l'époque de l'album précèdent et qui avait mis de côté. C'est un titre lent, introspectif avec Kiske qui chant sur le couplet avec sa voix grave et encore une fois, que c'est bon ! C'est un titre sur la fin de la vie, de toute chose, qui laisse place à l'espoir : 

Into the sun I dive, into the bright I fly
Nothing's forever, nothing but light
Over the void I sail, into the holy grail
Once it's forever, and it's alright

This is Tokyo a été choisi comme premier single et en a laissé plus d'un dubitatif. C'est une déclaration d'amour à cette ville de la part du groupe et principalement de Deris qui adore cette ville. C'est un titre heavy / pop plutôt sympathique mais qui ne résume pas l'album qui est beaucoup plus speed et articulé.

Universe - Gravity fo Hearts est le plat de résistance. Là on a du solide et du concret : speed, guitares en premier plan, changements de temps et d'atmosphère pour un titre grandiloquent qui se présente comme une sorte de mini suite. Et Kiske chante admirablement. Il y a un joli bridge avant le refrain. Après le deuxième refrain il y a un changement de tempo, une voix off, Kiske qui chante doucement sur un mid tempo et encore un changement de tempo qui part un peu - juste un peu - à la Bohemian Rapsody de Queen. Soli comme s'il n'y avait pas de lendemain et retour au refrain.

Hand of God - Un titre mid-tempo qui tire sa force d'un refrain très fédérateur, mélodique et très bien écrit au niveau des paroles :

Right before I die, I see the hand of God
See the hand of God
Right before I rise, I see the light of love
Coming from above

Under the Moonlight - est à mon avis le titre le plus faible de l'album. Court certes mais trop répétitif, trop simpliste et, je suis désolé mais je m'attends un peu plus d'un tel groupe. Il y a un écho dans la mélodie et dans l'approche qui évoque le titre Dr Stein, mais Under the Moonlight ne lui arrive pas à la cheville.

Majestic clôt l'album et comme Universe - Gravity fo Hearts est un titre de plus de huit minutes. Majestic est un titre écrit par Hansen, qui reprend les titre de l'album Majestic de Gamma Ray de 2005. On retrouve la thématique aliène, déjà explorée par Hansen et certains soli et arrangement font panser à Gamma Ray. Le trio Hansen, Kiske, Deris fait des merveilles dans un titre très bien arrangé et vraiment superbe. 

En conclusion Giants and Monsters explore la thématique du fait que selon le groupe nous sommes tous des géants capables de faire de très belles choses mais nous sommes en fuite (on the run) de nous même car nous sommes à la recherche de nous même et nous combattons contre nos démons (les monstres).

Album mystique car la thématique des titres tourne autour de la fin, du bilan, et du fait que il y a une forme d'éternité à porté de main pour tous. D'où peut être le symbole de l'infini sur la pochette de l'album réalisée par  Eliran Kantor.

Helloween publie un album très réussi, frais, très bien produit et inspiré. Certes pour moi leurs chefs-d'œuvre sont loin derrière eux mais Giants and Monsters s'avère très plaisant et ça fait passer un moment bien agréable. 

Note : 8/10

wanderer




4 déc. 2017

Drawn and Quartered - Feeding Hell's Furnace (2017) Cassette, Krucyator Productions

Drawn and Quartered - Feeding Hell's Furnace (2017) Cassette, Krucyator Productions (Tape Edition, limited to 100)


Wow, c'est super! Voici une réédition simplement parfaite. Et on va vous dire pourquoi tout de suite. D'abord Drawn and Quartered est un groupe culte de death metal américain actif depuis 1993. En même temps Drawn and Quartered  c'est un groupe qui prend sont temps puisque son premier album To Kill Is Human date de 1999. Le groupe réalise ensuite sur une dizaine d'année 6 albums "full-lenght" qui lui permettent d'atteindre le statut de groupe culte à côté d'Immolation et d'Incantation.

En 2011 le groupe sort l'Ep Conquerors of Sodom en format vinyle via Nuclear Winter Records. Conquerors of Sodom présente 4 titres, deux qui figureront sur l'album suivant Feeding Hell's Furnace de 2012 et deux qui vont rester inédits pour cet EP.

Il vous faut cette cassette pour plusieurs raisons : d'abord cela vous permet de vous remettre dans le bain (de sang) Drawn and Quartered en attendant son prochain album nommé The One Who Lurks et qui est prévu en 2018. Ensuite parce que cette version de 2017 de Feeding Hell's Furnace reprend l'album en entier plus les deux titres bonus Conquerors of Sodom et Seed of Insanity qui figuraient sur l'Ep Conquerors of Sodom. Donc avec une cassette vous avez l'album plus l'EP. Ensuite Feeding Hell's Furnace (2017) est disponible sur bandcamp en streaming et l'achat se fait en "donnant ce que vous voulait". Sachez que le "combo" est la cassette à 5 euros qui vous permet d'avoir aussi la version digitale de l'album. Donc pour écouter de la bonne musique, soutenir la scène et avoir un produit de qualité, votre choix sera vite fait.

Musicalement Drawn and Quartered peut ressembler à Immolation et Incantation, c'est déjà pas mal. Feeding Hell's Furnace est le disque du changement: nouveau logo et plus illisible qu'auparavant, pour mieux coller à la musique et la formation de 4 éléments passe à trois. On trouve alors Herb Burke - Bass, Vocals / Kelly Shane Kuciemba - Guitars (lead), Guitars (rhythm) / Dario Derna - Drums. La voix de Herb Burke est bien grave et profonde et il se lance souvent dans des grunt bien soutenus. A la guitare Kelly Shane Kuciemba est toujours aussi performant et propose des riffs acérés et tranchants. La nouveauté vient du côté de solos de guitare qui sont moins mélodiques qu'auparavant. Cette fois les solos sont courts, tranchants et collent avec l’atmosphère sombre et brutale de l'album. Il faut saluer la preuve de force aussi derrière les fûts du batteur Dario Derna qui enchaîne les blast beats avec aisance. Feeding Hell's Furnace est un album extrême qui cristallise une ambiance sombre et glaciale. La couleur de l'album est le noir et on peut apercevoir la chaleur qui se dégage de la fournaise infernale où la lave coule à flots. Les riffs rassemblent à ces coulées de lave bouillante qui écrase, noircit, dissout tout sur son passage. Feeding Hell's Furnace est un album extrême qui trouve sa force dans cette atmosphère permanente de danger et qui est mise en valeur par des mid-tempos efficaces.

La production est bonne et on profite vraiment de tous les instruments. Alors oui, la caisse claire est sous-mixée, mais ce n'est pas un défaut. Il faut adhérer au concept d'un album où la lumière ne peut pas passer, ne vas pas passer.

A une époque comme l'actuelle où la mode est à des écoutes rapides, voire distraites de la part des fans qui se contentent d'écouter un titre ou deux sur le net et puis de "skipper", Krucyator Production fait le choix courageux de sortir d'abord une cassette et de deux de sortir un album agréé de 2 titres bonus. Un choix courageux et contre-courant mais qui - pour celui qui écrit - vraiment justifié.
A bon entendeur...

crédits :
Tape edition
Artwork by Gabriel Byrne
Mastered by Tore Stjerna

score 9,5/10





http://krucyator.com/
https://krucyator.bandcamp.com/album/feeding-hells-furnace
http://krucyatorproductions.e-monsite.com/
https://www.facebook.com/krucyatorproductions
https://www.discogs.com/user/Krucyator










30 août 2017

Paroxsihzem – Abyss of Excruciating Vexes (2017), Cassette, Krucyator Productions


Paroxsihzem – Abyss of Excruciating Vexes 

2017, Cassette, Krucyator Productions (Limited edition) 



Paroxsihzem est un groupe de death / black metal canadien fondé  en 2007 et qui sort son premier full-lenght nommé Paroxsihzem en 2012 via Dark Descent Records en cd et via Hellthrasher Productions en vinyle. Ensuite Paroxsihzem sort avec Adversarial le split Warpit of Coiling Atrocities via Vault of Dried Bones en 2014. Paroxsihzem planche sur son nouvel et deuxième full-lenght et fait quelque chose de très bien, c'est à dire que le groupe prend son temps. Dans l'attente il sort l'EP Abyss of Excruciating Vexes sorti en 2016 via Hellthrasher Productions en vinyle, digital et cd. En ce 2017 le label français Krucyator Production propose cet EP en format cassette et digital.

Abyss of Excruciating Vexes est un EP fort réussi et très intéressant. On est loin de la démarche de proposer aux fans quelque chose coût que coût. Bien au contraire. Le groupe canadien propose une évolution de son style pendant les quatre titres de l'album (plus une cover de Arkhon Infaustus). Le death et black metal du début a évolué en un son dissonant, sombre et des atmosphères entre le doom et le drone. Ce n'est pas du doom ou du drone comme style mais ces types de sonorités sont exacerbées pour produire un son suffocant et macabre. L'artwork et le layout - comme pour les albums précédents - ont été réalisés par Krag le frontman du groupe. Paroxsihzem est ainsi formé par Krag / voix, Abyss / batterie, Impugnor / guitare et basse.

Paroxsihzem fait un pas au delà du death metal du début pour accéder à un univers de désolation avec un écho de Adversarial (vous souvenez vous du split?), de Antediluvian ou de Mitochondrion. Et on va aussi au delà du black metal canonique. Le son est dense, chaotique, suffocant, inquiétant et même si la production est "raw" on n'est jamais perdu dans l'écoute du Ep puisque on trouve toujours une mélodie, un solo, une accentuation qui indiquent le cap du groupe. Un titre comme “Isolation” montre bien ce que l'on vient de dire avec sa brutalité et mélodie, son approche qui va au-delà du black and death, sa production raw et qui se laisse écouter avec plaisir et envie de appuyer sur la touche "play" une fois que la chanson est terminée. On pourrait donc voir Abyss of Excruciating Vexes comme le pont entre le passé et le futur. Si effectivement cet Ep annonce cet évolution à venir, nul doute que Paroxsihzem proposera du très bon.

remarque : la cassette blanche est très belle et agréable au toucher. Le blanc est plutôt mat et le layout en noir ressort très bien. L'artwork est saisissant et très réussi.

score 9/10

listen and buy @ Krucyator Productions : https://krucyator.bandcamp.com/album/abyss-of-excruciating-vexes





Paroxsihzem – Abyss of Excruciating Vexes
2017, Cassette, Krucyator Productions (Limited edition), Artwork and Layout by Krag





24 août 2017

Dark Ministry - The Sermon Begins (digital Ep 2017)

Dark Ministry - The Sermon Begins (digital Ep 2017)

Metal Scrap Records

 

Dark Ministry  a sorti son premier Ep nommé The Sermon Begins en format digital via Metal Scrap Records. Dark Ministry est un group canadien de heavy / thrash guidé et fondé par le batteur Rik Charron, connu dans le milieu pour être le batteur d'Exciter. Le line up est completé par les deux guitaristes Brian Farnsworth et David Tyo, le bassiste Karl Anthony et le chanteur Tyler Knapp. En trois titres, pour un total de dix minutes, Dark Ministry revèle tout son potentiel en matière de thrash metal. Il y a des échos de Exiter, Agnostic Front. On pense aussi à des groupes comme Nuclear Assault ou D.R.I mais avec la composante hardcore en moins. On pense aussi à un groupe thrash comme Defiance (US).
On tient ici un avant-gout d'un album à venir qui s'annonce comme costaud et réussi. Un conseil pour tous les fans de thrash metal.

score 8,5/10







buy : https://metalscraprecords.com/shop/en/store/product/view/36/7724
Total Metal Records, 2017 (TMR030-137 / DT).

Tracklist:
1. Killing Machine 03:08
2. Voodoo Sacrifice 02:41
3. Blood Driven 04:29

10 juil. 2017

Mitochondrion - Antinumerology (CD edition 2017) Krucyator Productions


 Mitochondrion - Antinumerology (CD edition)

Krucyator Productions (2017)

 

Mitochondrion est un groupe de death / black originaire de Vancouver (Canada) et actif depuis 2003. A son actif il a deux albums, Archaeaeon (2008) et Parasignosis (2011) plus deux splits, deux démos et un EP. Le saut dans l’underground a lieu suite à l’auto-publication d’Archaeaeon en 2008 puisque le groupe réussit à signer un deal avec Dark Descent Records qui publie cet album en 2011 dans une version re-masterisée. Un changement veut que le groupe signe Parasignosis via Profound Lore Records et l’EP Antinumerology de 2013 sort via Dark Descent Records en format 7" vinyl. La dernière sortie en date est le split In Cronian Hour (2016) avec Auroch sorti encore une fois via Dark Descent Records en format 7" vinyl.

En ce chaud 2017 avec deux alertes à la canicule déjà enclenchées rien qu’entre juin et juillet nous avons de quoi nous achever et cramer une bonne fois pour toutes. Krucyator Productions vient de sortir l’EP Antinumerology de 2013 en format cd. Cette édition révèle une petite perte pour les puristes et deux avantages pour les autres. La petite perte est le fait que le vinyle présente ses deux faces qui au lieu d’être nommées A et B comme habitude sont nommées Side Σ avec le titre Insummation et Side ≠ avec les titres 137 (Mors Formulae) et Antinumerology. La durée totale est de 12:12 pour un équilibre presque parfait de six minutes par face. Les deux avantages sont d’abord le fait que la version cd est plus « profitable et nomade » et que – étant donné que le store de Krucyator Productions est basé en France – les frais d’envoi pour l’Hexagone ou l’Europe sont plus contenues (comme vous le savez Dark Descent Records est basé aux US et se faire livrer un vinyle depuis là-bas ça mérite un prêt bancaire).

L'ouragan infernal, qui ne s'arrête jamais, entraîne les esprits dans son tourbillon, Dante, Enfer, Chapitre V, v 31-32




Le layout du cd est le même que le vinyle et présente l’artwork de Richard Friend. Cet artwork est très soigné et visionnaire : on découvre la faucheuse en bas à droite, en bas un tas de squelettes et la composition principale que l’on pourrait croire être un arbre en réalité est un tourbillon d’âme qui fait écho (pour moi) avec le tourbillon d’âmes damnées que l’on trouve dans le chant V de l’Enfer de Dante Alighieri. On trouve aussi le symbole Σ en belle évidence. Ce symbole signifie « sommation » concept que Mitochondrion renverse dès son titre Insummation. En haut à gauche on trouve aussi un écho du tableau de Caspar David Friedrich L'Abbaye dans une forêt de chênes, tableau qui a été pillé pour réaliser des artworks dans le metal.

Caspar David Friedrich, L'Abbaye dans une forêt de chênes,
1809–1810, Alte Nationalgalerie, Berlin


Musicalement Mitochondrion comme la pochette l’indique crée un tourbillon, un vortex axé sur un black metal ravageur et doom. Il travaille beaucoup sur les atmosphères à glacer le sang et crée une sorte de transe ou d’hypnose grâce à une répétition de riffs (Insummation) et à des accents dissonants (Antinumerology). L’étiquette de occult ou de ritual pourrait très bien coller à cet EP qui se présente comme un voyage vers le néant comme l’atteste le texte de Insummation qui au départ affirme All is one comme la plus pure tradition alchimique ou le courant philosophique du panthéisme qui résume cela avec la phrase Έν καì Πᾶν (Hen kai pân : Un et Tout). A partir de cette totalité on arrive au rien du nihilisme et à cette déclaration finale : All is nil...

Cet Ep Antinumerology montre le bon état du groupe formé par SH / Vocals (lead), Guitars ; NY / Vocals, Guitars, Bass ; KG / Drums, Keyboards qui sous d’autres identités jouent dans d’autres groupes. Il s’agit d’une instantanée qui ne vous laissera pas indifférents et si vous voulez rajouter de la chaleur à cet été déjà brûlant jetez-y une oreille, vous ne serez pas déçus.

Score 9/10

http://mitochondrion.ca/album/antinumerology
https://www.facebook.com/mitochondrion137























6 juin 2017

Arafel - For Battles Once Fought (2011)




Arafel (Isr) - For Battles Once Fought 

Noise Art Records




Arafel (nom qui signifie « brouillard » en hébreu) est un groupe de black / folk israélien qui avec ce full-length For Battles Once Fought affiche trois albums au compteur en treize ans d’activité. En effet Arafel avait démarré à vive allure en 2003 avec The way of defender et en 2005 avec Second Strike: Through the Flames of the Ages. Ces albums ont permis au combo de se constituer un groupe de fidèles mais depuis Arafel somnolait sur son statut de groupe underground. Puisque seulement Leshii (batterie) et Felius (guitare) sont restés dans l’aventure depuis le début, il est légitime de se poser la question suivante : « est-ce que ce For Battles Once Fought avec l’arrivé de Helge Stang (ex Equilibrium) à la voie, Roman (Deface) à la basse et Nasha (Anora Dimentia) au violon permettra à Arafel de se révéler et de jouer dans la cours de grands ?

Dès que l’on met la galette dans le lecteur on a droit pendant une minute et demie à une intro atypique : bruits de combats d’épées, bruits de sabots de chevaux qui galopent, cris et hurlements de douleur et surtout surtout surtout le bruit des entrailles des gens étripées qui tombent par terre. Tout cet aspect de guerre monte jusqu’à la musique qui démarre fort, très fort : on est sur ses rotules, écrasés par une déferlante, un mur sonore qui se déverse sur nous. Et ce sera ainsi jusqu’à la fin de l’écoute. Enorme. Petit bémol la clôture de ce titre Sword's Hymn avec une atmosphère de calme après la bataille est un peu téléphonée.

On est loin des groupes « viking metal » tels qu’Amon Amarth, Seawolves ou Heathen Foray : pour eux mélodie et puissance se marient tout au long de leurs compositions. Ou encore on est loin de la brutalité mitigée par des orchestrations moyenâgeuses de groupes tels qu’Equilibrium, Eluveitie ou Folkearth, ici il n’y pas d’orchestration, pas de choralité : un clavier, parfois le violon, donnent un sentiment de profondeur, de mise en relief des compositions, seulement pour en accentuer la force et l’impact.  Kurgan exprime bien se lien entre la mélodie et la puissance black d’Arafel : un violon démarre le titre en douceur et le « grunt » caverneux du début de 12 secondes nous remet sur nos genoux (encore une fois). Kurgan avec ses accélérations et son solo tout en douceur est un titre certes extrême mais qui fait mouche dès la première écoute.

Il faut signaler deux compositions qui sortent du lot : The Last Breath of Fire est un titre instrumental assez rapide et réussi avec des touches (je dis bien des touches) folk. Si Im Feld et Wolf's Hunt ne rajoutent rien à ce que l’on a dit, le dernier titre, Death of Archaic World,  clôt d’une façon réussie l’album. On retrouve ici présent –enfin- le côté folk, celui  qui restait en toile de fond pendant l’écoute de la galette. Finalement les musiciens se lâchent et à coté du violon on entend du sitar et les thèmes repris par les grattes sont vraiment folkloriques et traditionnels. Certes dans le genre la liste des groupes qui nous offrent ce type de son est très longue, mais ce titre trouve toute sa place dans ce For Battles Once Fought.

Vous l’aurez compris donc que le viking, folk, pagan, black (et les étiquettes sont bien nombreuse) est à la mode et les labels se jettent sur cette poule aux œufs d’or, néanmoins Arafel poursuit sont chemin et s’il ne révolutionne pas le genre, il reste sobre, compact, carré et très paisible à l’écoute. 


Score 8/10

11 avr. 2017

The Nighstalker – A journey in Hell (2016) Wolfshade Records







The Nighstalker – A journey in Hell (2016)


Wolfshade Records



Cette fois on va parler du nouvel album du groupe The Nightstalker qui a sorti son quatrième album en janvier 2017 A journey in Hell via le label Wolfshade Records. The Nightstalker est ainsi formé : Steve « Serpent » Fabry - all instruments, vocals / The Nightstalker qui raconte son histoire / Yannick Martin, drums programmer, backing vocals / Simon Charlier, guitar / Jesse Day, guitar. Mais d’abord il faut parler du concept The Nighstalker qui s’avère être un vrai et propre univers.

The Nightstalker est un groupe de dark metal qui fait partie d'un tout avec le groupe Sercati qui lui évolue dans un registre black metal. Les deux groupes partagent un concept commun, la narration des aventures d'un ange descendu du ciel afin d'aider l'humanité. Lucifer apprenant ça, décide de lui envoyer aux trousses des démons afin de le détruire. Sercati raconte les moments clés de l'histoire alors que The Nightstalker raconte les moments plus personnels et comment le héros voit et vit les choses.

J’ai parlé d’un univers puisque si The Nightstalker et Sercati se voient et s’écoutent comme les deux côtés d’une même médaille, The Nighstalker va encore plus loin. Steve Fabry - bassiste chanteur de Sercati et de The Nightstalker – a imaginé la saga complète de The Nightstalker qui se décline aussi en audio-livres du titre Le journal du Nightstalker. La saga audio-livre de Le journal du Nightstalker est formée de deux saisons, la première en 10 chapitres et la deuxième saison en 8 chapitres. On peut retrouver tous les épisodes ici : https://www.production-audio-esope.eu/steve-fabry-le-journal-du-nighstalker/


Les personnages sont :

The Nightstalker : l’ange descendu sur terre et qui se bat contre Lucifer. Il dépassera ses limites afin de repousser les forces du mal.
Le Chien de l’Enfer : un suicide qui, manipulé par Lucifer, est envoyé sur terre pour détruire l’humanité et surtout le Nightstalker. Son aspect est le même que le Nightstalker à la seule exception qu’il a des ailes de démon alors que le Nightstalker a des ailes d’ange.
Gabriel : ange du Paradis, frère du Nightstalker. Il soutient et aide son frère tout en essayant de se montrer loyal vers Dieu.
Miss Ombrelle : femme dont l’âme a été vendue par sa famille. Elle combat aux côtés du Nightstalker et celui-ci va l’aider à retrouver son âme.
Sergent Matennen : alcoolique, c’est un agent de police qui enquête sur les apparitions en ville du Nightstalker. A cause de fa fixation sur le Nightstalker, puisque il en fait une affaire personnelle, sa femme et ses enfants le quittent. Il pense que le Nightstalker et le Chien de l’Enfer sont la même personne.
Lucifer : ange déchu qui règne aux Enfers. Ils perverti les hommes et prépare l’Apocalypse.
Thalis – la Désolation : commandante des troupes de Lucifer, elle a été trahi par Lucifer même. Elle a été emprisonnée au Purgatoire par le Nightstalker. Une fois libérée elle déclare sa guerre personnelle à Lucifer et au Nightstalker.
Les démons : plusieurs types de démons, de plus faibles aux plus puissants, participent aussi à l’histoire.

Steve Fabry a pensé aussi aux décors qui sont très fouillés. L’histoire se déroule dans la ville de Natural City et il y a aussi les Enfers et le Purgatoire. Les Enfers sont un monde parallèle à la terre et communiquent avec la terre via des portes. Le Purgatoire est une sorte de maison correctionnelle pour les démons. On accède au Purgatoire via des portes qui se trouvent sur terre. Lucifer veut libérer les prisonniers pour les avoir de son côté lors de l’affrontement final.
Il y a aussi un court métrage à propos du héros de cette saga qui se nomme : The Nightstalker : Poisoned hunting : https://www.youtube.com/watch?v=-MUYc-p_Bho

 
  
Musicalement, The Departure démarre avec piano et ensuite les autres instruments se greffent sur ces lignes mélodiques. La voix est grunt et restera telle le long de l’album. Il s’agit d’un mid-tempo aéré. The Children Of Devil présente le personnage de Pandora, fille de Lucifer qui comme le Nighstalker se trouve en lutte / rejetée par son père. Le Nightstalker libère Pandora du Purgatoire afin qu’elle soit sa guide à l’Enfer. Les lignes mélodiques sont simples, mélodiques, efficaces. Pas de batterie pour mettre en valeur le côté ‘atmosphérique’ de la chanson. Like I already know this foe présente un ennemi que l’on a déjà connu mais on n’arrive pas à saisir de qu’il s’agit. L’alternance couplets / refrains est plutôt réussie et met en valeur le questionnement du protagoniste. Il y a un joli changement de mélodie qui se manifeste sur un solo très senti et bien arrangé. Ce changement donne une dynamique très intéressante au titre. 




The plain of the warriors est un titre plutôt rapide et aussi un titre de matrice black metal qui change le tempo de l’album. Le texte est très imagé et impressionnant : on y décrit des guerriers en lutte entre eux, ils sont en train de s’entre-tuer de façon sauvage et l’on comprend qu’il s’agit des âmes de guerriers morts et qui ont grossi les rangs des troupes de Lucifer. Le Nightstalker se demande ici si le fait de combattre des monstres ne fait pas de lui-même un monstre. Le titre est incisif et direct et porté par un très beau texte. Dans le sombre marais de l’Enfer, Cerbère se dresse dans le titre Cerberus et il attaque avec les âmes de guerriers maudits. Pandora est blessée et le Nightstalker essai de la sauver et de s’enfuir avec elle. Cerberus est encore un titre rapide qui développe un sens de danger permanent grâce à son riff répétitif. The pursuer is near exprime encore la violence de cette séquence où le Nightstalker et Pandora pour s’enfuir doivent traverser un fleuve de l’enfer à bord d’un bateau. On ne peut qu’être frappé par la ressemblance avec ses vers de Dante :




Allor distese al legno ambo le mani;
per che ’l maestro accorto lo sospinse,
dicendo: "Via costà con li altri cani!".
Dante, Divina Commedia - Inferno, Canto VIII, 40-42

En effet Dante en traversant le fleuve Styx est accompagné par Virgil et le damné Philippe Argenti – qui se trouve dans le fleuve avec d’autres damnés - essaie de l’attraper et de faire chavirer le bateau. Ici le Nightstalker est poursuivi et les âmes – dans le fleuve – essayent aussi de l’attraper :
A wind of gloom blows on the boat
Each floating corpse trying to grab us
Searching for a drop of life to survive
Still we have to hurry
The pursuer is near

The Library alterne un moment extrême et un plus solennel qui reflètent bien le contenu de la chanson. Le Nightstalker rejoint la bibliothèque de l’Enfer. Ce lieu réunit tous les contrats, les pactes, signés avec Lucifer. Si seulement le Nightstlaker arrive à trouver celui de Miss Ombrella il pourrait la libérer à jamais.  I’ve Found Her est un titre atmosphérique et c’est dommage que dans notre livret les paroles ne soient pas présentes mais à la place on trouve les texte du titre « Army of darkness ». 
Back again est en lien direct avec The Departure musicalement et conceptuellement. Musicalement, puisque certaines lignes mélodiques se ressemblent en une sorte de leitmotiv et conceptuellement, puisque le voyage se termine. Le Nightstalker et Pandora sortent de l’Enfer indemnes et armés de la lance du destin (on peut y voir une analogie avec la lance de Longinus). 
Red Moon Rises est un titre plus direct qui nous ramène dans le vif de l’action. On pensait à une fin heureuse et non. Au fur et mesure que la lune rouge monte dans le ciel Pandora s’effondre et des créatures monstrueuses sont libérés pour s’attaquer aux fuyards.
Waiting For Miss Ombrella est un titre instrumental mis en valeur par des lignes de piano épeurés et mélancoliques. Le violon vient souligner cette mélancolie de fond qui se rejoint au premier titre de l’album.

The Nighstalker avec A journey in Hell propose un album très abouti et très bien réalisé. Les textes sont bien écrits et la musique rend bien le sentiment du voyage infernal avec tous les enjeux présents ainsi que les dangers permanents. L’alternance de moments sombres et mélodiques à caractères « dark » à des moments plus directs et black metal d’un côté sont fonctionnels au récit et d’un autre ils dynamisent l’album. C’est un album qui prend son temps avec des chansons qui sont une sorte de clair-obscur qui reflètent aussi les doutes et les prises de décision du Nightstalker.  Un album que l’on apprécie pleinement si on rentre et on se familiarise avec l’univers du Nightstalker.

On signale aussi que le livre Le journal du Nightstalker sera publié en septembre 2017 via l’éditeur Le Monde des Etoiles.

Score de l’univers du Nightstalker (The Nightstalker / Sercati / Livre / audio-livres : 10/10
Score The Nighstalker – A journey in Hell (2016) 9/10



Sercati band + info détaillées sur le concept : http://www.sercati.com/
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