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10 nov. 2025

Désordre - l'échappé belle (EP 2025) chronique

 Désordre 
l'échappée belle 

(autoproduction, EP 2025)

Désordre  l'échappée belle


Dans ce post je suis très heureux de vous présenter le groupe Désordre qui a publié son premier album, l'Ep L'échappée Belle fin octobre 2025 sur bandcamp. Désordre se décrit comme un groupe de rock instrumental lyonnais (guitare, basse, batterie) avec des compositions qui tendent vers un mélange de stoner et de rock garage avec une touche de rock progressif.

Le trio, formé sur Lyon en octobre 2023 est ainsi composé : Greg à la guitare et à l'écriture, Martin, à la batterie, et Téo, à la basse. Cet EP a été enregistré en total autoproduction, après deux ans d'existence, et une poignée de concerts dans la région Rhône-Alpes. Le groupe s'est rencontré dans le milieu de la scène metal lyonnaise (Martin & Greg via un groupe de thrash du coin, où leurs idées musicales étaient trop "bizarre" pour le style demandé, et Téo les a rejoint par la suite, après avoir répondu à des petites annonces).

Pour le style musical, le groupe surnomme ça du "garage prog" surtout par ses influences qui, pour le guitariste, est très inspiré du renouveau scène indé/garage de ces 20 dernières années (des grosses guitares fuzz et leur fameux patterns de batterie dit "motorik" directement issu du krautrock) alors, que le batteur, qui vient vraiment de la scène prog metal moderne, et tout ce qui s'y englobe (le djent, le math rock et d'autres trucs bien compliqués à jouer). 

Cela fait que pendant que les grattes calquent des idées des Thee Oh Sees, Ty Segall, Temples, Slift, Squid, et surtout King Gizzard and The Lizard Wizzard, les batteries vont surtout s'aventurer du coté de chez Plini, TesseracT,  Animal As Leaders, Minus The Bear ou Periphery 

Selon le groupe, pas mal de gens leur disent entendre du Porcupine Tree, Karnivool, Tool et Glass Beams dans ce qu'il fait, et ainsi des réminiscences qui renvoient à la scène stoner. Les membres de Désordre confirment d'être des mordus de metal et hardcore, avec un amour partagé pour Gojira, Meshuggah et l'album Rust In Peace de Megadeth. 

Je dois remercier Greg pour m'avoir aidé à vous tracer ce portrait que vous venez de lire sur le groupe. 

Personnellement, avant de parler de la musique j'ai été surpris favorablement par deux choses : 
- l'artwork, réalisé par Greg, qui est très beau avec un lézard endormi au milieu d'objets disparates. Un lézard et une pochette dans les tons du violets et sous acide qui renvoie aux groupes psychédéliques et stoner. La pose du lézard, recroquevillé sur lui même et les tons violets (couleurs du chakra couronne) invitent à un voyage intérieur et solitaire.   
- la production simplement cristalline. C'est bluffant de savoir que l'on peut atteindre un tel rendement à la maison, à condition de savoir le faire. Désordre a su le faire et je n'ose pas imaginer le temps qu'ils y ont passé dessus pour avoir un tel résultat. 

Musicalement j'avoue que, en tant que fan de metal classique et thrash je n'ai pas retrouvé les influences citées plus haut comme Porcupine Tree, Karnivool, Tool et Glass Beams car ce sont des groupes que je ne connais pas. Honte à moi :-) 

En revanche Chèvre Blue (mais pourquoi la chèvre est bleue?) dans son atmosphère générale avec ses soli au saveur oriental m'a fait penser à My Sleeping Karma et à son album Atma. Tiens un autre album dont la pochette est dans les tons bleue - violet ! Je retrouve aussi des échos de Tides From Nebula de l'album Earthshine pour ce côté éthéré. Le titre a une structure linéaire où un tempo calme se brise doublé d'une guitare rythmique enragée qui dilate le temps. il y un alternance calme - énervement qui grandit comme une spirale.

Ordalie est le titre le plus "hard" voir "metal" de l'ep. La guitare saturée et le tempo assez énervé collent bien au morceau qui lui aussi suit un développement en alternant temps calme et uptempo. On retrouve encore ce mood oriental exprimé par la guitare soliste.

L'intro de Débordé nous renvoie au Red Hot Chili Peppers et se transforme en un morceau endiablé de hard rock avec une batterie presque jazzy. 

Après plusieurs écoutes on est agréablement conquit par un Ep qui montre l'excellent niveau technique des trois membres et qui réunit trois titres différents, variés mais dont on reconnait la patte. 

Bref, amoureux de bonne musique, je vous invite à écouter Désordre et son Ep L'échappé belle !









24 avr. 2018

Brass Owl - Brass Owl (Self-Released 22 June 2018)

Le 22 juin 2018, BRASS OWL sortira son EP éponyme. Le mélange de stoner, de psychédélique et de heavy metal du groupe est fortement recommandé pour les fans de Corrosion of Conformity, ZZ Top, Cream et Pride And Glory.

À propos de BRASS OWL:

Formé dans le monde conservateur du sud de l'Ohio, Brass Owl n'a jamais été un groupe typique. Avec un bon maître à la guitare, un batteur de session rennomé et un bassiste avec un style rétro distinctif, ce power trio est prêt à prendre le dessus. Leur son orienté jam n'est pas seulement un témoignage des accomplissements passés des groupes, mais reflète également à quel point ils ont fusionné en tant qu'unité. Leur musique est le reflet d'une vie de musique, d'une profonde compréhension du rock and roll. Avec un nouveau album qui sortira bientôt, on ne peut s'empêcher de s'enthousiasmer pour ce que ces garçons de l'Ohio vont sortir de leur chapeau.

Le cerveau derrière ce projet, Brian Tarter est ravi de finalement avoir un groupe où il est à la fois parolier et chanteur. Cette musique lui donne une plate-forme pour non seulement montrer ses licks approuvés par Steve Vai (Tarter a joué avec Vai après avoir remporté un concours de shred dans les années 90), mais aussi amener son écriture à un nouveau niveau. Le groupe agit comme une unité serrée combinant toutes sortes d'idées musicales à travers un mélange unique de riffs et de solos excitants, en grande partie improvisés. Brass Owl aspire à être un nouveau genre de groupe.

Brass Owl est un groupe qui a non seulement payé sa cotisation, mais qui a près d'un siècle d'expérience entre les trois. Ils sont prêts maintenant à sortir une fois de plus et revendiquer le cœur d'une légion de fans. Avec un son qui plaira à tout le monde, des rockers modernes aux stoners, en passant par les rock maniaques des classiques et les têtes brulées de jazz, Brass Owl n'a pas peur de repousser les limites. Ce n'est pas juste un autre groupe de jam, c'est un groupe avec une vision artistique distincte, une équipe motivée, et la passion, combinée avec le savoir-faire pour aller bien au-delà des scènes dans lesquelles ils se font les dents.


QUANTUM LEAP - NO REASON · l’album sortira le 1er juin 2018 en vinyle et digital.





"Nous avons vécu à l’Holocène pendant 12 000 ans avant d'entrer dans l'Anthropocène (l'âge où l'humanité a imprimé sur la Terre une image qui ne disparaîtra jamais.) Nous sommes probablement en train de faire un dernier voyage dans l'apocalypse."

 
Cette image que Quantum Leap crée avec leur premier album No Reason n'est pas belle, mais l'album s'impose comme la bande-son de l'effondrement des systèmes écologiques. Il apporte l'obscurité du post-punk des années ‘80 et l'énergie du garage-rock. Les paroles peuvent être appréciées tant par des académiques que tout autre publique punk rock alternatif.


"Nous parlons d'un bâtard qui prend forme d'un producteur (Tomas Skogsberg) qui a voué sa vie à l'obscurité agressive. Ce salaud vise maintenant les trolls contemporains, le pouvoir, la colonisation et les dinosaures. En attendant l’Armageddon et / ou la révolution, Quantum Leap, avec quelques invités, vous invite à une fête lourde et sombre célébrant le dernier coucher du soleil. "


No Reason sortia via Viskningaroch vrål.


19 mai 2017

Netra – Ingrats (2017) / Hypnotic Dirge Records


 

Netra – Ingrats (2017) / Hypnotic Dirge Records


Après quatre ans de silence, Netra revient sur le devant de la scène avec son nouvel album Ingrats, sorti encore une fois (puisque on ne change pas une équipe qui gagne) via Hypnotic Dirge Records. Juste pour rappel, Netra est à la fois le nom de l’artiste et du groupe. Netra est une one-man-band fondée en 2003 par Netra qui en réalité est Steven Le Moan. Steven a beaucoup voyagé entre Quimper, Gjøvik (Norvège), l’Allemagne (au moment où l’écriture d’Ingrats a commencée) et ensuite à Auckland en Nouvelle Zélande. Après avoir réalisé les démos Emlazh (2005) et Mélancolie Urbaine (2006), Netra publie son premier album via Hypnotic Dirge Records en 2010 qui se nomme Mélancolie Urbaine. Vient le temps ensuite de Sørbyen (2012) via HDR, de la collaboration avec le duo rap We'rewolves qui a donné l’EP Dreading Consciousness (2013) via HDR.


Netra fait du Netra c'est-à-dire un black metal moderne et hybride puisque dans sa racine black il incorpore des éléments jazz, trip hop, Dark Wave, rock alternatif, samplers tiré de films. Sur le papier ceci peut paraître « incongru » mais le résultat est époustouflant. L’album s’ouvre avec Gimme a break qui se présente comme un intro instrumental jazz apaisant. Everything's Fine est une déferlante black metal : tremolo picking et voix écorchée. A la deuxième minute environs, il y a un changement de tempo et de son, avant de reprendre son côté extrême et encore un changement de temps chanté en voix claire. Ce titre est une alternance de clair-obscur où le côté sombre est quand même prédominant. C’est un titre rentre dédains qui reste bien en tête. Underneath My Words the Ruins of Yours est un instrumental mid-tempo. Ce titre possède un aspect de répétition autour d’un même thème mais avec des variations (un son plus “electro” qui fait son apparition, par exemple). Si tout l’album est de très grande facture, nous avons un faible pour Live with It. Ce titre est sobre, chanté en voix claire, la batterie est légère et les notes de piano ponctuent une mélodie simple et presque désincarnée. Il y a un changement de tempo final qui accélère le tempo et fait basculer ce titre. Je trouve des échos avec Depeche Mode, Paradise Lost (période Host), Germe (et son album Grief). Juste des échos, puisque si vous connaissez Netra, vous verrez qu’il a son propre style. Infinite Boredom est un instrumental au piano où on entend la pluie en fond sonore. Ce titre qui illustre l’ennuie est – peut-être – à mettre en lien avec le titre Blasé qui figurait sur Mélancolie Urbaine. Blasé peut avoir deux clés de lecture : d’abord un clin d’œil au morceau Blasé du saxophoniste de jazz américain Archie Shepp et de l’autre Blasé comme pour indiquer l’état d’âme de quelqu’un qui n’a plus le goût pour les choses.
Blasé montrait l’ennui par une batterie répétitive et monotone et un piano. Ici, Infinite Boredom, montre l’ennui par la pluie qui tombe de façon monotone et un piano.

Vue de la ville d'Auckland
Don't Keep Me Waiting est un titre puissant, sombre, claustrophobie où un saxophone évolue dans le noir. Ce titre présente un sampler tiré du film L’exercice de l’État (P. Schoeller, 2011) dont le sujet principal est la politique et surtout les rapports de force. Autrement dit, c’est le combat et les doutes d’une personne de pouvoir face au pouvoir plus grand qui lui demande d’agir contre ses désirs et ses valeurs.
A Genuinely Benevolent Man est encore un titre instrumental qui dans les parties calmes (ceci n’engage que moi) a des points en commun avec la bande son du film Blade Runner ou encore Strange Days. On peut s’imaginer la grande ville, la nuit, les lumières, les grands axes de circulations saturés qui contrastent avec la solitude qui entoure la ville. A la lisière des lumières de la ville, la nuit rôde. A Genuinely Benevolent Man est un très bon titre qui varie sa structure au fil du développement mais contient tout le temps la même couleur et cohérence. Paris or Me est plus un titre à caractère « bruitiste ». Ses atmosphères sombres (bruits / samplers) et planantes (piano) coexistent avec une froideur provoquée par une guitare saturée.
Could've, Should've, Would've est encore un très bon titre. Chanté en voix claire, la base trip hop est très présente. Une voix claire s’alterne à une voix chuchotée et le constat est amer ou mieux lucide : 


There is no beginning to this
There is no thruth, no bliss

No happy ending, no hero
It’s the best I can
Time has stopped and the rest is down the drain


Très beaux le break à 3 :20 seulement un clavier mélancolique, sombre, éther, qui donne une nouvelle dynamique au titre. L’album se termine avec le titre Jusqu'au-boutiste qui de façon jazz rappelle le premier titre Gimme a Break. Le black metal des guitares s’arrête pour laisser place encore une fois à un sampler, tiré cette fois du film Low Down (J. Preiss, 2014). Low Down est un biopic américain basé sur les mémoires de Amy-Jo Albany dans lesquelles elle raconte la vie de son père, le célèbre pianiste de jazz Joe Albany et de sa lutte contre son addiction à la drogue. Ce film est donc une métaphore très forte qui joue sur plusieurs niveaux : l’amour d’une fille pour son père, l’importance de la musique, les démons qu’un homme doit affronter.  Et ces thèmes sont recrées dans le titre avec des changements de temps, de sonorités qui se rajoutent (techno + guitare électrique) de l’accélération. C’est comme si sur un leitmotiv se rajoutaient plusieurs éléments hétérogènes qui ne sont pas fins à eux-mêmes. Cette surcharge présente deux aspects : d’un côté le titre Jusqu'au-boutiste se présente comme une sorte de crescendo et de l’autre on est conscients que même avec tous les artifices possibles (les plusieurs couches / instruments etc.) le résultat est le même : la nuit est sombre et ce qui est fait est fait. On peut juste l’assumer.

Dans cet album Ingrats, Netra retrouve des éléments déjà présents dans sa discographie comme la pochette qui illustre une ville de nuit (cf Mélancholie Urbaine) et l’utilisation de samplers. La ville de la pochette d’Ingrats est Auckland vue la nuit. Netra ne nomme pas la ville de la pochette et ne nomme pas non plus les deux samplers utilisés dans l’album. L’important est que, en utilisant des éléments concrets, Netra propose des thèmes qui vont au-delà du réel pour devenir des métaphores. Auckland est la métaphore de la mégalopole, et les deux samplers sont métaphore l’un des rapports de dominations et l’autre de la vie d’un homme face à ses succès et ses démons. Il s’agit donc d’un tableau moderne qui parle à tous et chacun.

Avec Ingrats, Netra propose un album cohérent et abouti où le côté black metal cohabite avec des éléments hétérogènes qui en soulignent et en explorent la profondeur.

Score 10/10 (yes it is 10/10)

Hypnotic Dirge Records : http://www.hypnoticdirgerecords.com/







30 janv. 2017

[news] Netra - Ingrats (2017) HDR

Netra - Ingrats (2017) 

Hypnotic Dirge Records




netra est de retour avec son premier album depuis 2013, présentant ce qui est sans doute sa production la plus solide à ce jour. Ce troisième album, intitulé “Ingrats”, est rempli de musique à la fois brute et directe, qui exprime une détresse enveloppante, une psychose interne et toute la monotonie de la vie moderne. Mélangeant un black metal dépressif aux sonorités abrasives et claustrophobiques à d’autres styles comme la darkwave, le trip-hop, et le rock alternatif mélancolique, la musique de netra n’a jamais été limitée par les conventions ou la tradition, et cela est d'autant plus vrai sur “Ingrats”, où l’hybridation des genres est plus réelle que jamais. Le black metal est aussi tranchant que la glace, et la couleur des guitares lourdement saturées se juxtapose parfaitement, comme le clair-obscur, aux sinistres mélodies de darkwave. Une trame sonore conçue pour les ballades nocturnes au coeur de la ville, le matériel d’”Ingrats” est un assaut déployé sur les sens, une pilule amère qui doit être avalée pour guider la réflexion introspective. Un album qui a le pouvoir de nous connecter sur nos émotions et de nous vider jusqu’au bout.

Infectueux. Claustrophobique. Enivrant. Prenez votre soma et déambuler les rues pendant des heures.

“Ingrats” a été masterisé au Skansen Lydstudio (Manes, Atrox, Keep of Kalessin) Il s’agit du prochain chapitre pour netra, un chapitre critique qui est l’aboutissement des quatre années qui se sont écoulées depuis le dernier album.

“Ingrats” sortira le 9 mars 2017 sur Hypnotic Dirge Records.

Pré-ventes et marchandises bientôt disponibles, incluant de nouveaux t-shirts et des bundles spéciaux.

Pour les fans de: Ulver, Amesœurs, Altar of Plagues, Sun of the Sleepless

releases March 9, 2017

Steven LeMoan - All Music, Lyrics, Art



6 janv. 2016

[news] June 1974 new album on 2016

June 1974 is working hard on the new album that will be avalaible in middle of 2016

Meanwhile you could discover this musical project : 

June 1974 is the musical project created in late 2009 by Federico Romano,an underground writer of poems and short stories.His kind of music is indefinable because every song embraces different styles from dance to rock to classic/ hip hop  music. So June 1974 is  360 music  degree only for open mind listeners.Till now June 1974, has published more than 250 songs(singles+ep+albums) available on all digital stores worldwide thanks to Visionaire Records( his record label) .For all his cover singles and cover albums he collaborated with all very worldwide talented and famous photographers/artists/actress/models and the response was and is really positive.Atlantide  is the title of this EP published in November 2014 that cointains two songs in rock electro classic post shoegaze style mastered in Iceland by Birgir Jon Birgisson at his Sundlaugin studios ( Sigur Ros / Alcest / Mum ) available on all digital stores worldwide by Visionaire Records .The decision to promote this ep only now is due to the new open of Visionaire Records press office so this ep can have now the right promotion that must be.Meanwhile June 1974 has published other singles in 2015 and now is working hard on the new album that will be avalaible in middle of 2016.

Cover artwork by Soey Milk


 

2 sept. 2014

Mingmen – There’s a place (2014) [review]


Mingmen est un groupe suisse de metal alternatif. Le groupe fondé en 2006 a sorti le cd Undercontrol et Back to the Ground respectivement en 2006 et 2009 sous forme d’autoproduction. Aujourd’hui est disponible le troisième opus du groupe qui se nomme There’s a place (distrib. IRASCIBLE), et qui a été enregistré live durant un mois de résidence au Relief Studio de Fribourg. Le groupe est formé par Sway (guitare et chant), JG (guitare), Etienne (basse), Dem (batterie).

Mingmen tire sa force surtout de son expérience en live : le groupe ne cesse pas de tourner que ce soit en Suisse ou à l’étranger (comme par exemple sa tournée au Brésil en 2011). L’autre force du groupe est sa façon d’enregistrer l’album : auparavant on enregistrait en analogique et les musiciens étaient présents en salle d’enregistrement. Ces albums avaient un son chaud et les artistes transpiraient pour de vrais. Aujourd’hui avec le numérique on enregistre souvent aux quatre coins du monde et on assemble à l’ordinateur les différentes parties (voix, basse, guitares et batterie etc). Avec pro-tool enregistrer un album est beaucoup plus facile et à la portée de tous mais le résultat est souvent sans âme. Mingmen a enregistré cet album en studio pour de vrai et cela s’entend à l’écoute.

Musicalement on pourrait dire que Mingmen se trouve à la croisé de Skunk Anansie et de son album Post Orgasmic Chill (peut être le plus « metal » du groupe) et de Guano Apes. D’un coté on retrouve la force de ces deux groupes ainsi que le goût pour des structures qui savent capturer l’attention de l’auditeur sans jamais tomber dans la banalité. Voici encore un élément à faveur de Mingmen : avec un album très long et dense (13 pistes pour plus d’une heure de musique) le groupe reste toujours original et fait toujours l’effort de proposer des morceaux intéressants.

Great Illusion illustre bien l’album (et ce n’est pas un hasard si ce titre a été retenu pour réaliser une vidéo) : voix bien en place, bon travail instrumental et refrain accrocheur. Le titre se révèle efficace, direct et à consommer sans modération. On peut creuser un peu plus et il faut souligner le travail à la batterie de Dem tout le long de l’album et qui se montre percutant sur le titre Pay For What You’ve Done où la batterie rehausse carrément le morceau pendant le refrain avec ses accélérations. De même la production très précise mes en valeur la basse d’Etienne qui se révèle avec la batterie comme la charpente sur laquelle reposent les titres.  
Something I Just Fell est encore un titre original, puissant et direct qui se termine par un long solo qui fait grésiller les enceintes (tapping et wha wha). A cause de notre formation qui lorgne un peu plus vers le metal (et un poil moins vers le rock), notre titre préféré est There’s a place. Le titre démarre par une introduction à la guitare sèche et puis se développe sur un mid tempo très costaud avec un caractère martial très prenant. Il s’agit d’un riff bien carré et puissant qu’un groupe comme Iced Earth ne saurait pas renier.
La voix de Sway est mélodique, puissante, chaude et très à l’aise dans les notes aigües. Il faut aussi saluer le travail des guitaristes par Sway (en plus du chant) et de JG : comme on a dit les deux ne cherchent pas la facilité à tout prix mais ils donnent de la profondeur et de la puissance à chaque titre en formant un mur de son qui se présente solide que ce soit en phase rythmique ou soliste.

Pour terminer Mingmen signe avec son troisième album There’s a place un travail très réussi et intéressant. Puissant et mélodique, jamais banal et qui même si « labellisé » metal alternatif s’avère un album qui peut intéresser les fans de metal, de hard rock, rock alternatif, ou tout simplement tout fan de bonne musique.


Score 9/10



Mingmen - there's a place (photo Louis Dasselborne, cover art Graphem Guillaume Faisant)

Mingmen - there's a place (back)

Mingmen - there's a place (digipack)

Mingmen - there's a place (cd)

Mingmen - there's a place (digipack)



Mingmen – There’s a place (2014)
1. Beneath the surface                         
2. Pay for what you've done                
3. Bastards                   
4. Doesn't matter                      
5. See the flames                     
6. Feel alive                
7. Something I just feel                        
8. There's a place                    
9. Forces                      
10. Great illusion                    
11. Cross the line                    
12. The suffering                     
13. Dead today


25 juin 2014

Amaze Knight - The Key (2013)


Amaze Knight est un groupe italien de progressive metal fondé à Turin en 2010. Le socle est formé par Christian Dimasi (guitare) et Michele Scotti (batterie). Ensuite Fabrizio Aseglio (voix) et Matteo Cerantola (basse) complètent la formation. Le groupe se met rapidement à l’œuvre et le premier album The Key voit le jour en 2013. Roberto Maccagno, engenieur du son et producteur a mis la main à la pâte pour la réalisation de cet opus.

Avant d’attaquer cette chronique il faut juste rappeler au lecteur qu’en Italie il y a une longue et remarquable tradition de progressive metal. Au début, pendant les années ’70, il y a eu une sorte de triade sacrée formée par les groupes Premiata Forneria Marconi (PFM), Le Orme et Banco del Mutuo Soccorso. Il y a eu aussi d’autres groupes remarquables comme Garybaldi et The Trip. Avec des hauts et des bats cette scène est toujours en activité et aujourd’hui on peut compter sur des groupes comme Il Cerchio d’Oro, Il Bacio della Medusa, Il Segno del Comando, Il Tempio delle Clessidre, Presence, Sophya Baccini pour continuer à transmettre cette musique.

Alors oui, on peut dire qu’Amaze Knight a des sonorités à la Dream Theater ou à la Fates Warning, mais avant de citer ces deux groupes, on pense qu’Amaze Knight pioche plutôt dans cette tradition italienne et le fait en sortant un concept album. En ceci aussi le groupe se rattache aux italiens car il suffit de penser à des concepts albums fondamentaux tels que Felona e Sorona (Le Orme), Darwin! (Banco del Mutuo Soccorso), Ys (Il Balletto di Bronzo), Caronte et Atlantide (The Trip).

The key est axé sur la recherche de quelque chose qui puisse libérer l’homme de sa prison actuelle. L’homme réfléchit sur sa condition et se retrouve victime de visions, de cauchemars. Par des métaphores on retrouve la vie de l’homme moderne assujetti à des puissances et de forces plus grandes que lui (économique, politique, sociale). Ensuite l’homme trouve que sa condition est partagée par l’humanité et il souhaite s’affranchir de ses limites et pour ce faire il a besoin d’une clé (The Key) pour lui ouvrir la porte et l’amener vers des nouveaux horizons. Cette clé est une métaphore et chacun trouvera, peut être, sa propre clé qui pourra lui ouvrir une nouvelle réalité. Le message d’Amaze Knight est un message d’espoir, car la lutte est dure mais on peut y arriver. Ce concept est mis en valeur aussi par l’artwork de l’album : on voit des murs, un endroit sombre, des chaînes au sol et la jambe d’un homme qui est en train de partir. Vers le centre, dans ce monde morne et terne, on voit un petit brin d’herbe. Le vert de cette pousse est une touche de couleur qui appelle et interpelle l’œil de l’observateur en lui montrant qu’il y a un espoir. L’homme qui part est l’homme libéré qui a trouvé la clé pour se défaire de ses chaînes et il est enfin libre.

L’artwork et l’idée d’un homme emprisonné "Imprisoned in this cage" ce sont des clins d’œil au mythe, à l’allégorie de la caverne de Platon. En résumant au maximum, selon Platon les hommes sont enchaînés dans une caverne et regardent sur la paroi devant eux les ombres des choses qui se trouvent derrière eux. Si un prisonnier pouvait retourner sa tête, il comprendrait que les vrais objets se trouvent derrière lui et que ce qu’il croyait vrai était en réalité une ombre projeté sur une paroi par le feu. De plus si cet homme pouvait se libérer de ses chaînes et il pouvait sortir de la caverne il serait d’abord ébloui par la lumière du soleil et une fois accoutumé il comprendrait que le vrai monde se trouve à l’extérieur et que ce qu’il connaissait, c'est-à-dire la caverne, n’était qu’une partie de quelque chose de plus grand.

Les dernières paroles d’Amaze Knight peuvent bien être mises en relation avec cette allégorie :

Here is a door, I can open it

I cannot see anything,

the glare is too heavy for my eyes



Now the light fulfills my soul, the shadow is no longer here, like the darkest part of me,

The time of sorrow and anger has gone, the time of light is now, a new life comes for me
(Liberation, a new day)


Musicalement Amaze Knight est très technique et inspiré. Les technicismes ne sont pas là pour montrer la bravoure des musiciens mais au service de l’histoire du concept. Dans cette lutte intérieure pour la liberté il y a des hauts et des bats qui sont ponctués par des accélérations et des ralentissements de tempos. La voix aussi Fabrizio Aseglio peut monter très haut et se faire plus déclarative selon les exigences du moment. On peut trouver une ligne directrice qui part avec une certaine force avec le premier titre Imprisoned (Shadows Past) pour souligner le chaos de l’individu moderne. Cette force s’estompe au fur et mesure jusqu’à quand la clé sera trouvée. Avec Liberation (A New Day) le piano est mis plus en valeur et les tempi se font plus aériens et délicats.

On peut dire qu’avec ce premier album Amaze Knight frappe un gros coup. Bien produit, bien écrit, bien joué et avec un bon supplément d’âme qui vous porte à l’écouter et à le réécouter on peut être que favorablement subjugué par The Key et conseiller à tous les amants de bonne musique d’aller l’écouter. En plus il est gratuit et disponible (avec les textes) depuis le site bandcamp du groupe.


Score 9/10






Lineup:
Fabrizio Aseglio – Vocals
Christian Dimasi – Guitars, Vocals
Davide Gemello – Keyboards
Matteo Cerantola – Bass
Michele Scotti – Drums


Amaze Knight - The Key (2013)
1. Imprisoned (Shadows Past)
2. Restless Soul
3. Heartless
4. Liberation (The Reflection)
5. Liberation (A New Day)