[artwork - heartwork] Scuorn - Parthenope (2017)

Scuorn - Parthenope (2017)

Une superbe pochette mais avec un problème sur le fond


metallifer blog best of artworks

La one-man-band Scuorn formée et guidée par Giulian a sorti son premier album nommé Parthenope via Dusktone en 2017. La pochette a été créée par le talentueux artiste russe Alex de Mayhem Project Design (Khors, Funeral, Pyramaze). Cette pochette est superbe mai il y a un problème conceptuel si on la regarde attentivement. D'abord on vous propose le ressenti de l'auteur de la pochette Alex et de Giulian le mastermind de Scuorn.


Alex de Mayhem Project Design a commenté: "Puisque Parthenope est un concept album basé sur les origines gréco-romaines de la ville de Naples, j’ai travaillé avec Giulian sur la création de quelque chose d'unique pour cette couverture, qui pourrait être atmosphérique et apocalyptique en même temps. La déesse Parthenope, entourée de cendres et de fumée, observe résignée l'éruption de 79 après J-C. qui est en train de détruire les villes de Pompéi, Herculanum et Stabia. Nous voulions garder une image aussi épique que possible, ajoutant un voile d'obscurité au décor, et le résultat était vraiment magnifique. L'œuvre a été réalisée en utilisant la technique de la peinture numérique".



Giulian a également commenté: "Alex est un artiste brillant, avec son style et ses compétences, il représentait le choix parfait pour la réalisation de cette œuvre et pour ce que j’avais envie d’obtenir. La couverture est vraiment incroyable et le livret donne la bonne perception du concept derrière chaque chanson. Chaque légende possède sa propre page et aussi la lettre utilisée pour les paroles et le texte ne pourrait pas être plus approprié. Il semble vraiment avoir entre les mains un livre ancien ... "


"Parthenope" a été enregistré, mixé et masterisé au 16th Cellar Studio de Rome par Stefano "Saul" Morabito (Apocalypse Fleshgod, Hour Of Penance).

Analyse générale :


metallifer blog best of artworks

Comme dans la tradition des vue panoramiques - spécialement de la période du romantisme - on a une vue sur le volcan Vésuve tristement célèbre pour avoir détruit la ville de Pompéi avec son éruption en 79 après Jésus-Christ. Avec Pompéi il a détruit aussi la ville d'Herculanum et de façon indirecte à cause du raz-de-marée qui s'est formé à cause de l’éruption, la ville portuaire de Stabia a été aussi détruite. Le Vésuve est l'éruption dominent la pochette et sur la gauche on a une silhouette qui assiste impuissante à cette scène. Il s'agit de la déesse Parthenope. Avec le grillage on voit bien que les deux figures (déesse et volcan) dominent l'espace. Le volcan est plus bas que la déesse mais il est plus coloré et son panache de lave remplit le tableau. Le nom du groupe est bien visible dans le carré central du bas. L'équilibre de la composition est totale.

Voici une possible source d'inspiration : 


best of metal artworks
Joseph Wright of Derby, ‘An eruption of Vesuvius seen from Portici’ (c.1774-6) Oil on canvas. 101.6 x 127 cm. University of Wales, Aberystwyth, UK


Analyse détaillée :

 

metallifer blog best of artworks
Ajouter une légende

On voit la composition de l'ensemble : le volcan est au centre de l’œuvre par sa taille (montagne + fumée) et sa masse. Aussi pour les couleurs qui sont très chaudes et qui attirent le regard vers un point de fuite qui donne sur le sommet du volcan.  Centrale aussi pour la taille est la déesse Parthenope mais même si elle est en premier plan elle n'attire pas l'attention. Elle est à côté comme simple spectatrice. Elle est dans la pénombre.

Le jeu du regard :


metallifer blog best of metal artworks

Très intéreaant le jeu du régard. La déesse Parthenope assiste impuissant à la destruction et son regard est le même regard de celui qui contemple le tableau. Il y a une sorte de participation à la debacle. 

Tout est parfait mais ...


Il y a un problème sur le fond. Un problème conceptuel. D'abord il faut dire que Parthenope est l'ancien nom de la ville de Naples où se trouve le Vésuve. Cette ville a été renommé ensuite Naples (en italien Napoli, nom qui vient du grec Neapolis c'est à dire 'Ville Nouvelle'). Parthenope en italien est aussi un adjectif utilisé comme synonyme de "napolitain". Cela dit, Parthenope n'est pas une déesse mais plutôt une sirène. Selon la légende une sirène s'est laissée mourir suite à sa débâcle contre Ulysse. Vous vous souvenez? Ulysse dans l'Odyssée n'est pas tombé sous les charmes des sirènes et celles ci, folles de rages se sont laissées mourir. Une de ces sirènes se nommait Parthenope et elle s'est laissée mourir là où on a fondé ensuite la ville de Parthenope et Naples ensuite.  

Donc la déesse Parthenope ne peux pas regarder le volcan. Liberté d'artiste me diriez-vous. Pourquoi pas? Mais en même temps Volcan était un dieu dans la mythologie, pourquoi ne pas l’utiliser à la place? Les romains appelaient le Vésuve Iuppiter Vesuvius, Iuppiter Sommanus et l'associaient à Zeus sur le modèle du mont Olympe, c'est à dire un lieu habité par les dieux puisque à l'époque il était difficile d'accès et verdoyant et sauvage.

La déesse Parthenope qui assiste impuissante à l’éruption du Vésuve n'a pas de sens, d'un côté parce que cette déesse n'existe pas dans la mythologie et de l'autre parce que les dieux anciens étaient censés commander aux éléments de la nature. C'est un aveu d'impuissance. Et une inversion de la mythologie gréco-romaine. Par exemple pour la mythologie, Poséidon était à la base de tous les tremblement de terre. Pour un grec ancien ou un romain, si la nature était dévastatrice, c'était à cause des dieux. 

Pour terminer pourquoi appeler l'album Parthenope alors que le sujet de la pochette et le Vésuve et sa destruction? 


Commentaires

Enregistrer un commentaire